Collines proches de la frontière Ayrshire–Dumfriesshire
Confluence:
Bladnoch, non loin de Kirkcowan
Tarf (Abravannus)
Abravannus / Αβραουαννος - Fleuve de la côte du Dumfriesshire difficile à identifier. Ptolémée est le seul auteur à l’évoquer (Géographie, II, 3, 2). Il apparaît dans sa Géographie (Albion par Ptolémée) sous la forme grecque Αβραουαννος (latinisé en Abravannus). Certains y voient l’actuelle rivière Tarf, mais cette identification reste très spéculative, voire douteuse.
La Tarf est une rivière du sud-ouest de l’Écosse, située dans le Dumfries and Galloway, à l’ouest du pays, dans l’ancienne région du Wigtownshire. Elle prend sa source dans les collines proches de la frontière Ayrshire–Dumfriesshire et rejoint le bassin de la Bladnoch, non loin de Kirkcowan, avant que l’ensemble du système ne se dirige vers la baie de Wigtown et l’estuaire du Solway.
Le principal problème de cette identification est que le nom Tarf est généralement rattaché à un celtique tarvo- (« taureau »), ce qui explique difficilement une correspondance phonétique avec Abravannus. Sauf à admettre une forme corrompue ou altérée, du type Tarvannus, résultant d’une réinterprétation ou d’une transmission fautive du texte grec. Par ailleurs, Ptolémée décrit dans cette section la côte occidentale d’Albion sous forme de points côtiers et d’embouchures : or la Tarf n’est pas un fleuve côtier direct, puisqu’elle rejoint la Bladnoch à une dizaine de kilomètres de la mer. Cette distance et sa position intérieure renforcent le caractère très hypothétique de l’identification.
L’analyse de Delamarre (2012) s’inscrit dans une démarche classique de reconstruction des hydronymes indo-européens : partir de formes anciennes attestées chez Ptolémée afin d’y retrouver une racine très ancienne liée à l’idée de « couler ». L’hypothèse d’un segment *ab-ravanno- rapproché de la racine *(s)rew-* va dans ce sens, en proposant une lecture où le nom serait fondamentalement descriptif et d’origine très archaïque. Cependant, l’auteur ne propose pas d’identification avec un hydronyme moderne, ce qui constitue une position prudente et probablement justifiée au regard des incertitudes phonétiques et géographiques. Cette absence de correspondance contemporaine souligne d’ailleurs le caractère spéculatif de toute tentative de rattachement direct à un cours d’eau actuel.
Sources: • X. Delamarre, (2012) - Noms de lieux celtiques de l'Europe ancienne, Errance, Paris, 384p.
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique