Amocenses — Ethnique latin désignant les habitants d’un lieu nommé Amoca, dont la localisation demeure inconnue. Le terme est attesté par deux inscriptions : (CIL II, 764) découverte à Coria (Cáceres, Estrémadure, Espagne), et (CIL II, 4233), découverte à Tarragone (Tarragone, Catalogne, Espagne) . La première, découverte à Coria, qualifie Samacia, morte à l’âge de quatorze ans, d’Amocensis ; Coria constitue ici le lieu d’inhumation attesté par l’épitaphe, et non une indication de localisation d’Amoca. La seconde, découverte à Tarragone, Paetinia Paterna est qualifiée d’Amocensis, de Cluniensis et ex gente Cantabrorum, la rattachant ainsi à communauté d’Amoca, dans le ressort de Clunia, et au peuple des Cantabres. L’inscription précise en outre qu’elle était flaminica provinciae Hispaniae Citerioris. Cette mention de Cluniensis permet de situer Amoca dans l’orbite administrative de Clunia, mais elle ne suffit pas à déterminer son emplacement exact. L’hypothèse d’un vicus ou d’une petite communauté nommée Amoca proche de Clunia est donc plausible, mais reste conjecturale. Ces deux attestations ne permettent toutefois pas d’affirmer avec certitude qu’elles renvoient à une même communauté d’Amoca : rien n’exclut l’existence de deux lieux homonymes portant le nom Amoca. L’étymologie d’Amoca, comme celle de son dérivé latin Amocensis (« Amocense »), est indéterminable. Une origine celtique ou latine peut être envisagée, sans qu’il soit possible de trancher.
"Samacia, fille de Perecatus, amocense, âgée de 14 ans, repose ici. Que ta terre te soit légère !"
Tarragone (CIL II, 4233)PAETINIAE PATERNAE PATERNI FIL(IAE) AMOCENSI CLVNIENS(I) EX GENTE CANTABRO(RVM) FLAMINIC(AE) P(ROVINCIAE) H(ISPANIAE) C(ITERIORIS) L(VCIVS) ANTONIVS MODESTVS INTERCAT(IENSIS) EX GENTE VACCAEOR(VM) VXORI PIENTISS(IMAE) CONSENT(IENTE) P(ROVINCIA) H(ISPANIA) C(ITERIORE) S(VA) P(ECVNIA) F(ECIT)
"À Paetinia Paterna, fille de Paternus, amocense, (de la juridiction) de Clunia, du peuple des Cantabres, flaminique de la province d'Hispanie citérieure. Lucius Antonius Modestus, intercatiense, du peuple des Vaccéens, pour son épouse très affectueuse, en accord avec (l'assemblée de) la province d'Hispanie citérieure, à ses frais, a fait (ce monument)."
Un ethnicon en -enses est une désignation collective latine formée sur un toponyme (ville, centre urbain, territoire), servant à nommer les habitants d’une cité ou d’une communauté civique dans le cadre de l’administration romaine. Leur usage, bien que généralisé à l’époque impériale, se diffuse largement dans les contextes urbains et provinciaux caractérisés par une forte diversité de populations, où l’identification civique tend à se substituer aux désignations d’origine ethnique dans les cadres administratifs et épigraphiques. Morphologiquement, ces formes reposent sur un suffixe adjectival en -ensis, décliné au singulier (-ensis) et au pluriel (-enses).
Sources: • M. Clauss, H. Slaby, Epigraphik-Datenbank Clauss/Slaby (EDCS), (en ligne : https://edcs.hist.uzh.ch/)
• Académie des sciences de Berlin-Brandebourg. (1863-). Corpus Inscriptionum Latinarum (CIL), Berlin.
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique
LIENS ANALOGIQUES
• Cantabres [peuples celtes de la péninsule ibérique (Les)]
• Vaccéens [peuples celtes de la péninsule ibérique (Les)]