Calubrigenses — Ethnicon en -enses attesté épigraphiquement par trois inscriptions découvertes à Cigarrosa (CIL II, 2610) sous la forme CALVBRIGEN(SI), à Refojos de Basto (HEp 1989, 667) sous la forme CALVBRIGENSES, et celle de l'église paroissiale de Viñales à Bembibre (HEp 1995, 542) sous la forme CAL(VBRIGENSI).
L'inscription de Refojos de Basto (HEp 1989, 667), mentionne des artisans appartenant aux groupes des Calubrigenses et des Abianienses, intervenant dans la réalisation d’un ouvrage commun. Cette co-attestation démontre l'existence de ces deux communautés, sans permettre d'établir une identité territoriale entre elles.
L'inscription de Cigarrosa (CIL II, 2610) mentionne un certain Lucius Pompeius Reburrus, qualifié à la fois de Gigurres et de Calubrigenses. Cette association rattache les Calubrigenses à l'aire des Gigurres et constitue le principal argument en faveur de leur localisation dans cette région.
Cigarrosa (CIL II, 2610) L(ucio) POMPEIO L(VCI) F(ILIO) POM(PTINA) REBVRRO FABRO GIGVRRO CALVBRIGEN(SI) PROBATO IN COH(ORTE) VIII PR(AETORIA) BENEFICIARIO TRIBVNI TESSERARIO IN (CENTVRIA) OPTIONI IN (CENTVRIA) SIGNIFERO IN (CENTVRIA) FISCI CVRATORI CORN(ICVLARIO) TRIB(VNI) EVOC(ATO) AVG(VSTI) L(VCIVS) FLAVIVS FLACCINVS H(ERES) EX T(ESTAMENTO)
"A Lucius Pompeius Reburrus Fabrus, fils de Lucius, de la tribu Pomptina, gigurre, calubrigense, expérimenté dans la cohorte VII praetoria, bénéficiaire du tribunat, tesséraire dans la centurie, adjudant dans la centurie, porte-étendard dans la centurie, curateur du fisc, corniculaire du tribun, evocatus augusti, son héritier Flavius Flaccinus (a érigé) conformément à son testament"
Refojos de Basto (HEp 1989, 667) ARTIFICES CALVBRIGENSES ET ABIANIEN(SES) F(ACIENDVM) C(VRAVERVNT)
"Les artisans calubrigenses et abianienses ont pris en charge la réalisation (de l’ouvrage)."
"(De) Flaccus Avitus, à la (déesse) tutélaire des Calubrigenses, (il) s'est acquitté de son voeu, de bon gré, pour son fils"
Un ethnicon en -enses est une désignation collective latine formée sur un toponyme (ville, centre urbain, territoire), servant à nommer les habitants d’une cité ou d’une communauté civique dans le cadre de l’administration romaine. Leur usage, bien que généralisé à l’époque impériale, se diffuse largement dans les contextes urbains et provinciaux caractérisés par une forte diversité de populations, où l’identification civique tend à se substituer aux désignations d’origine ethnique dans les cadres administratifs et épigraphiques. Morphologiquement, ces formes reposent sur un suffixe adjectival en -ensis, décliné au singulier (-ensis) et au pluriel (-enses).
Sources: • Julien Quiret pour l'Arbre Celtique
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique