CÉSAR REÇOIT LE COMMANDEMENT DES PROVINCES DE GAULE CISALPINE ET TRANSALPINE. [-59:-58]
César reçoit le commandement des provinces de Gaule cisalpine et Transalpine. [-59:-58]
Obtention du commandement (59 av. J.-C.)
À l’approche de son consulat, Jules César parvient à réconcilier Marcus Licinius Crassus et Pompée le Grand, consolidant ainsi leur alliance politique. Cette coalition lui permet d’être élu consul et de faire voter, pendant son consulat, le commandement des Gaules (Plutarque, Vie de Crassus).
Plutarque, Les vies parallèles, Crassus, 14: "César, de retour de sa province, se préparait à briguer le consulat. Il trouva Crassus et Pompée de nouveau brouillés. Comme il ne voulait pas, en sollicitant l'un des deux, se faire un ennemi de l'autre, et comme il n'espérait pas réussir si aucun des deux ne l'appuyait, il travailla à les réconcilier en les poursuivant sans cesse de ses instances : il leur montrait qu'en se détruisant l'un l'autre, ils feraient grandir les Cicéron, les Catulus et les Caton, tandis que ceux-ci ne compteraient pour rien si eux-mêmes, coalisant leurs amis et leurs partisans respectifs, dirigeaient la ville par une autorité unique et une seule volonté. Il parvint à les persuader et à les réconcilier, et, unissant leurs trois factions, il en fit une force invincible grâce à laquelle il détruisit la puissance du sénat et du peuple romains. Crassus et Pompée n'en devinrent pas plus grands l'un par l'autre, mais c'est lui, César, qui par eux se rendit très grand. Aussitôt fort de leur double appui, il fut brillamment élu consul, et, pendant son consulat, ils lui firent voter le commandement de forces militaires considérables et mirent entre ses mains la Gaule, où ils l'établirent comme dans une acropole ; ils s'imaginaient qu'en lui confirmant le pouvoir qui lui était échu ils auraient toute tranquillité pour se partager le reste entre eux deux."
Au même moment, César renforce sa position par des alliances familiales : il marie sa fille Julia à Pompée et épouse Calpurnia, fille de Lucius Calpurnius Piso Caesoninus, ce que les sources interprètent comme des instruments politiques (Appien, Histoire romaine).
Appien, Histoire romaine, II, 2, 14 : "Le terme de son consulat approchant, il songea au gouvernement des Gaules, où il espérait acquérir de la gloire et des richesses. Il pouvait dépenser assez pour l'obtenir; mais il lui fallait le conserver à son gré, sans que son absence pût porter atteinte à son crédit. Des liens nouveaux lui en assurent la conservation. Dans la crainte que Pompée ne lui échappât, il lui donna en mariage sa fille Julie, quoique déjà promise à Cépion, et il épousa lui-même Calpurnie, fille de Pison, qu'il avait fait désigner consul ; double union dont Caton démêla le motif et prévit les conséquences : "On trafique du pouvoir et de la république par des mariages !, s'écria-t-il indigné"
Le commandement lui-même résulte d’un équilibre institutionnel. Selon Dion Cassius, Histoire romaine et Suétone, Vie de César, le peuple lui attribue pour cinq ans l’Illyrie et la Gaule cisalpine avec trois légions, tandis que le Sénat lui confie la Gaule transalpine avec une légion supplémentaire, afin de ne pas laisser au seul vote populaire l’initiative de cette concession.
Dion-Cassius, Histoire Romaine, XXXVIII, 8 : "(César) proposaient et faisaient décréter par le peuple et par le sénat tout ce qu'il désirait. Le peuple lui donna pour cinq ans le commandement de l'Illyrie et de la Gaule Cisalpine avec trois légions : le sénat, de son côté, lui confia la Gaule transalpine et une légion de plus."
Suétone, Vie de César, 22 : "Il fut, en apparence, servi au-delà de ses désirs; il avait modestement demandé pour cinq ans le gouvernement de la Gaule Cisalpine avec trois légions; une loi de Vatinius y joignit l'Illyrie, et le sénat la Gaule transalpine avec une légion, de peur d'être prévenu par le peuple et que César ne tînt ce commandement de sa libéralité."
Prise de fonction et début du proconsulat (58 av. J.-C.)
Jules César entre en fonction en 58 av. J.-C. et commence immédiatement ses opérations militaires en Gaule. C’est à partir de ce moment qu’il exerce effectivement son commandement sur le terrain. Le récit des campagnes s’ouvre avec la migration des Helvètes dans Commentaires sur la guerre des Gaules, marquant le début de son action militaire.
Sources: • Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique