| DE L'EUROPE | ||||
DE L'EUROPE.
Notes de J.-C. Poncelin de La Roche-Tilhac (1797) : (1) - Gadès ou Gadire, dans la Boetique, aujourd'hui province d'Espagne, est très célèbre parmi les anciens géographes Cette ville fut fondée par les Tyriens, les créateurs du commerce et de la marine sur les côtes d'Europe et d'Afrique. Elle était située dans une isle peu étendue, mais jointe par une chaussée à une autre isle, que sépare de la terre ferme un canal semblable à celui d'une rivière, et à l'ouverture duquel dans la mer, un monticule isolé portait un temple consacré à Hercule. C'est-là qu'étaient les colonnes qui portaient le nom de ce héros. On ignore l'origine de ce monument mais on est porté à croire que le premier voyageur, nommé Hercule, qui ait osé aller si loin, le fit construire pour éterniser la mémoire de son audacieuse expédition. Dans la suite, un autre voyageur, ayant poussé ses découvertes jusques aux Hespérides, sur la côte d'Afrique, y consacra celles dont parlera Scylax dans ce voyage. (2) - Le texte est ici assez obscur. Il signifie: là est un comptoir, et une ville grecque, appelée Emporien; mais ce qui prouve qu'il y a du désordre dans le texte c'est que les mots ville grecque est à l'accusatif, quoiqu'il dût être au nominatif. (3) - C'est le Rhône. (4) - Le texte porte jusqu'à Antium; mais Vossius croit qu'il faut substituer Arnum à Antium. (5) - Ici manquent plusieurs lignes du texte, qui contenaient le dénombrement des colonies marseillaises. (6) - La ville de Pise n'est pas exprimée dans le texte. (7) - C'est le Pô. (8) - Ici le texte est très corrompu. Nous l'avons plutôt interprété que traduit. (9) - C'est ici pour la première fois que nous trouvons la qualification de barbares donnée aux étrangers par un auteur grec. (10) - Ces pierres étaient sans doute un monument du nombre de ceux qui les peuples de l'antiquité étaient dans l'usage de consacrer à leurs Dieux ou à leurs héros. (11) - Isaac Vossius remarque avec raison que cet endroit du texte est le plus corrompu de tout l'ouvrage de Scylax. Ce serait même inutilement qu'on s'efforcerait de le corriger. (12) - La ville d'Ambracie, colonie corinthienne, était située auprès d'un golfe du même nom. Le fleuve Arethon coulait à son couchant, et au-devant était une forte citadelle. Ses murs, qui jouissaient d'une grande réputation, avaient 2268 toises de circuit. (13) - Ce temple, bâti sur le bord de la mer, était dédié à Neptune. Auprès était un antre consacré àVénus. C'était là que les jeunes veuves venaient demander à la Déesse un nouvel époux. (14) - C'est sans doute la ville que Scylax désigne ici par ces mots bourg Béotique, τέιχως τῶν βοιωτων, car cette ville, l'une des plus anciennes de la Grèce, existait au temps de ce géographe. Il en parle plus bas. (15) - Il doit paraître étonnant que notre géographe ne dise pas un seul mot de la ville de Sparte, qui était la capitale de la république de Lacédémone. Cela prouve que ce qui nous reste de Scylax n'est que le sommaire d'un plus grand ouvrage. (16) - La principale de toutes était Gnosse qui fut longtemps la capitale de l'isle. A quelque distance de cette ville, on voyait une caverne, creusée au pied du mont Ida, où l'on montrait le tombeau de Jupiter. Sur l'un des parvis de cette caverne, on lisait l'inscription suivante, tracée en anciens caractères : c'est ici le tombeau de Zeus. Ce Jupiter, qui devint dans la suite le père des Dieux, fut sans doute quelque roi fameux par ses conquêtes ou par sa législation. (17) - Ces isles portaient le nom de Cyclades, parce qu'elles formaient une espèce de ceinture autour de Délos Sésostris, roi d'Egypte, en soumit une partie Minos ; roi de Crète, en gouverna quelques-unes par ses lois ; et les Phéniciens, les Cariens, les Perses, les Grecs, toutes les nations qui ont eu l'empire de la mer, les ont successivement conquises ou peuplés. Elles appartiennent actuellement à l'empire ottoman. Voyez plus bas. (18) - Les Troezéniens, comme la plupart des autres Grecs étaient fort orgueilleux de leur origine. Lorsqu'un étranger arrivait dans leur ville, on ne négligeait pas de lui tracer l'histoire, vraie ou fabuleuse, de ses anciens rois, et des héros qui avaient paru dans cette contrée. On y montrait le siège où Pithée, fils de Pélops, rendait la justice; la maison où naquit Thésée, son petit-fils; celle qu'habitait Hyppolite, son temple, où les filles de Troezène déposaient leur chevelure avant de se marier ; la chapelle dédiée àVénus, où Phèdre se cachait pour le voir, lorsqu'il poussait son char dans la carrière le lieu de la sépulture de ce héros auprès du tombeau de Phèdre; enfin un édifice en forme de tente, où fut relégué Oreste pendant qu'on le purifiait. (19) - La ville d'Epidaure était célèbre dans l'antiquité, par son temple d'Esculape On s'y rendait de toutes les parties de la Grèce, pour s'y faire guérir. Ce Dieu était représenté dans son temple, par un serpent vivant. Dans cette région, les serpents sont très familiers; et, là, comme à Pella, capitale de la Macédoine, les femmes mêmes se faisaient un plaisir d'en élever; comme nous faisons les oiseaux.Dans les grandes chaleurs de l'été, elles les entrelaçaient autour de leur cou, en forme de collier; et dans leurs orgies, elles s'en paraient comme d'un ornement, ou elles les agitaient au-dessus de leur tête. (20) - La Mégaride séparait les états d'Athènes de ceux de Corinthe On y voyait qu'un petit nombre de villes et de bourgs. Mégare, qui en était la capitale, tenait autrefois au port de Nisée par deux longues murailles que les habitants se crurent obligés de détruire, environ un siècle avant Périclès. (21) - Le nombre des stades manque dans le texte. La distance devait être d'environ 490 stades. (22) - Scylax désigne ici l'isle de Chio, qui, si le texte n'est pas corrompu, s'appelait alors Ios. Les habitants de cette isle prétendaient, en effet, qu'Homère avait pris naissance chez, eux, et y était enterré. Du temps d Périclès, on y voyait encore une famille, qui, sous le nom d'Homérides, prétendait, descendre de ce poète. Ces Homérides savaient, par 'coeur tous les vers d'Homère, et s'empressaient de les réciter aux étrangers, vêtus d'une robe magnifique, et la tête couverte d'une couronne d'or. (23) - On trouve ici dans le texte, la ville d'Abydos à côté de celle de Sestos, comme si elles étaient voisines l'une de l'autre, quoiqu'elles fussent séparées par la Propontide. C'est sans doute la faute du copiste, qui, ayant entendu parler des amours de Héro et de Léandre, a cru que les deux châteaux, où ces deux amants faisaient leur résidence étaient contigus. On sait que, quoiqu'ils fussent vis-à-vis l'un de l'autre, l'un était en Europe, l'autre en Asie. (24) - Les anciens géographes distinguaient deux Bosphore, le Bosphore Cimmérien et le Bosphore de Thrace. Le premier joignait le Paléus Méotide au pont Euxin. Celui de Thrace séparait l'Europe de l'Asie. Sa longueur, depuis le temple de Jupiter jusqu'à Byzance, aujourd'hui Constantinople, était de cent vingt stades; mais sa largeur était inégale. C'est vers le milieu de ce canal que Darius, roi de Perse, ut passer sur un pont de bateaux, sept cent mille hommes, qu'il conduisit contre les Scythes. (25) - L'auteur lui-même n'en compte que sept. Il y a donc erreur ou omission dans le texte. (26) - Ce sont sans doute, les Sarmates, appelés depuis Polonais. (27) - La Volga, le Danube et le Rhône.
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