BEDALIS

Les personnages celtes
Nom: Bedalis / Bedelis
Rôle: Nain, riche et puissant dans le région de Carhaix
Attesté(e): Tristan et Iseult
Événement: La mort de Tristan

Bedalis / Bedelis — Vers la fin du récit, Tristan est revenu en Petite-Bretagne, chez son beau-frère, Kaherdin. Ce dernier tombe amoureux de Gorgeolain, l’épouse du nain Bedalis, que celui-ci garde jalousement enfermée. Profitant de l'absence de Bedalis parti chasser avec toute sa cour, Kaherdin parvient à rejoindre Gorgeolain grâce à un double des clés qu'il a fait faire, tandis que Tristan assure la garde.

Lorsque Bedalis revient, Tristan donne l'alerte. La fuite est précipitée et maladroite : la porte laissée ouverte révèle la trahison, et une couronne de roses rouges tombée dans les douves en désigne l'auteur. Bedalis comprend immédiatement, se lance à leur poursuite et finit par les rattraper. Le combat qui s’ensuit est violent : Tristan reçoit une blessure grave causée par une lance empoisonnée, et son écuyer Gorvenal est tué. Tristan, atteint à mort, doit battre en retraite, couvert par Kaherdin et son écuyer.

Dans cet épisode, Tristan et ses compagnons n’ont effectivement que leurs épées. Cette limitation est importante car elle accentue fortement le déséquilibre du combat : ils sont surpris ou engagés dans une situation de fuite, sans préparation tactique ni équipement complet, alors que Bedalis et ses hommes disposent d’armes plus adaptées, notamment des lances. Ce décalage n’est pas anodin dans le récit. Il transforme l’affrontement en une lutte très inégale, où la violence et la rapidité remplacent toute forme de duel chevaleresque équilibré. C’est précisément dans ce contexte que Tristan est atteint par une lance empoisonnée, ce qui donne au combat sa dimension tragique et prépare directement sa mort future.

Dans la version de Joseph Bédier, l’épisode est très condensé et strictement guerrier. À Carhaix, Tristan vient en aide à Kaherdin et affronte le baron Bedalis dans un combat. Bedalis et ses six frères tendent une embuscade. Tristan les combat et les tue tous les sept. Au cours de l’affrontement, il est cependant atteint par une lance empoisonnée, qui sera la cause de sa mort future. Il n’y a ni intrigue amoureuse, ni jalousie : uniquement un épisode de guerre et une issue tragique.

Liens externes :
🌏Bédier - Le Roman de Tristan et Iseut - La mort / fr.wikisource.org (consulté le 06/05/2026).
🌏Bédier - La mort de Tristan et d'Iseut / persee.fr (DOI) (consulté le 06/05/2026).



Sources:
• J. Bédier, (1886) - "La mort de Tristan et d'Iseut, d'après le manuscrit fr. 103 de la Bibliothèque nationale comparé au poème allemand d'Eilhart d'Oberg", Romania , 60, pp. 481-510
• J. Bédier, (1900) - Le Roman de Tristan et Iseut. Paris, Hachette.
• R. Louis, (1950) - Tristan et Iseult, Paris, Librairie José Corti.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique