Lénition — Processus phonétique par lequel une consonne devient plus « faible » sur le plan articulatoire, c’est-à-dire qu’elle perd une partie de sa fermeté d’articulation.
Concrètement, cela peut se traduire par un passage d’une consonne occlusive à une consonne fricative, ou encore par un affaiblissement plus poussé pouvant aller jusqu’à la disparition du son. La lénition regroupe donc un ensemble de changements graduels où l’articulation devient moins fermée et moins énergique.
Ce phénomène est particulièrement fréquent dans certaines langues, notamment les langues celtiques, où il peut être régulier et conditionné par le contexte grammatical ou phonétique.
Dans les langues brittoniques (comme le gallois ou le breton), la lénition est même devenue un phénomène grammaticalisé, déclenché par des contextes syntaxiques. Elle peut produire des fricatives à partir d’occlusives, par exemple [p] → [b] → [v], ou [k] → [g] → [ɣ], selon les environnements et les stades historiques.
Le passage de bihan → vihan en breton est un cas classique de lénition consonantique, plus précisément une spirantisation / fricatisation du [b] intervocalique ou en contexte faible vers [v]. Toutefois en breton, ce type de mutation est souvent systémique et morphologisé (déclenché par le contexte grammatical).
Dans les langues gaéliques (irlandais, écossais), la lénition existe aussi, mais elle est surtout grammaticalisée et souvent marquée orthographiquement, plutôt que perçue comme une simple alternance phonétique transparente. Par exemple : bád « bateau » → mo bhád « mon bateau » (bh se réalisant généralement [v] ou [w] selon les contextes et les dialectes).