ÁED GUSDÁN

Les personnages celtes
Nom: Áed Gusdán
Rôle: Tueur de rois
Étymologie: L'ardent à la force (...?...)
Prononciation: Aèd Gousdân : /ai̯ð ˈɡusdaːn/
Date: VIIᵉ s. apr. J.‑C.
Attesté(e): Cóir Anmann

Áed Gusdán / Áed Gustán / Áedh Gustán / Áedh Gusdán — Personnage de la tradition irlandaise à l'historicité incertaine. Il apparait dans le Cóir Anmann, comme étant celui ayant tué, en 604, trois rois nommés Áed : Áed Sláine (roi d'Irlande), Áed Rón (roi des Síl nÁedo Sláine, branche des Uí Néill du Sud), et Áed Buide (roi de Tethbae). Les Annales des Quatre Maîtres, qui date l'événement de 600, attribue ces trois morts à Conall mac Suibni.

Ce n’est pas la seule source conservant le souvenir de cet événement. Celui-ci apparaît également dans les Annála Uladh, dans le Aided Diarmata meic Fergusa Cerrbeoil, dans le Aided na trí nAed, dans les Annala Rioghachta Eireann, ainsi que dans le Lebor Gabála Érenn. Ces différentes traditions reprennent un même noyau historique — le conflit opposant les branches méridionales des Uí Néill — mais présentent des divergences sensibles concernant la chronologie, l’identité des meurtriers et la répartition des responsabilités entre Conall Guthbinn mac Suibni et Áed Gusdán.

Qui tue qui, selon les versions  ?
Date Áed SláineÁed BuideÁed Rón
Aided na trí nAedÁed GusdánÁed GusdánÁed Gusdán
Annála Uladh604Conall GuthbinnÁed Gusdán?
Aided Diarmata meic Fergusa CerrbeoilConall GuthbinnÁed GusdánÁed Gusdán
Cóir AnmannÁed GusdánÁed GusdánÁed Gusdán
Annala Rioghachta Eireann600Conall GuthbinnÁed GusdánÁed Gusdán
Lebor Gabála ÉrennConall Guthbinn??

En vieil-irlandais áed signifie « feu ». Par contre, l’étymologie de Gusdán reste incertaine. Le Cóir Anmann rattache ce surnom à gus, « force, vigueur », en lien avec l’exploit attribué à Áed d’avoir tué trois rois. Le second élément -dán ne peut être expliqué avec certitude : il pourrait éventuellement évoquer une attribution (« celui à qui la force est accordée »), une aptitude (« celui qui possède le don de la force »). Aucune de ces analyses n’est démontrée, et l’explication médiévale du Cóir Anmann reste avant tout une interprétation traditionnelle du surnom.



Sources:
• O. J.Bergin, (1910) - "Aided na trí nÁed", Anecdota from Irish Manuscripts, vol. III, Halle an der Saale – Dublin, Max Niemeyer – Hodges, Figgis & Co. Ltd., p. 47–48.
• W. Stokes, (1891) "Cóir Anmann". in W. Stokes & E. Windisch (eds.), Irische Texte mit Wörterbuch, Dritte Serie, Heft 1. Leipzig, Verlag von S. Hirzel, pp. 285–411
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique