ANNALES DE TIGERNACH : 3E FRAGMENT - DE 488 À 500

Mythes, légendes, textes mythologiques
Titre Original: Annála Thighearnaigh
Type(s): Annales

Annales de Tigernach

Vᵉ siècle (de 488 à 500)

Les fragments conservés des Annales de Tigernach pour le Ve siècle sont très lacunaires et ne donnent qu’un aperçu nécessairement partiel de la chronique originelle. Pour les années 488–500, ils mêlent principalement événements ecclésiastiques, morts de saints et d’évêques, batailles et successions royales irlandaises, auxquels s’ajoutent quelques événements concernant les empereurs romains, les papes et l’Église. Plusieurs notices conservent également des poèmes historiques liés aux batailles rapportées. La période s’ouvre notamment avec le repos de Cianán Dam Liac en 488, puis se poursuit par une succession de notices politiques et ecclésiastiques jusqu’à la bataille de Segais en 500.

Les Annales de Tigernach ne donnent pas directement les années de l’ère chrétienne : elles se contentent généralement d’indiquer les calendes de janvier, accompagnées du jour de la semaine. Les dates en années sont donc des restitutions établies par comparaison avec d’autres annales irlandaises.

488 — Calendes, VIᵉ jour

1 : Le repos de saint Cianán Daim Liag. C’est à lui que Patrick donna ses évangiles.

489 — Calendes, Iᵉʳ jour

1 : Le repos de l’évêque Mac Caille.

2 : La bataille de Cellosnad, dans Mag Fea, au cours de laquelle tombèrent Óengus mac Nad Froích, et son épouse, ainsi qu’Ethne Uatach ingen Cremthainn meic Enna Cendselaig. Les vainqueurs furent Illann mac Dungail, et son frère Ailill, ainsi qu’Eochaid Guinech et Muircheartach mac Erca, roi d’Ailech. C’est pourquoi l’on disait :

La branche d’un grand arbre touffu mourut,
le louable Óengus mac Nad Froích,
Il fut laissé par Illann aux grâces,
dans la bataille de Cellosnad en pente.

Illann et Muircheartach,
Ailill et le fort, fougueux Eochaidh,
la bataille de Cellosnad
avec le louable Óengus de Munster.

3 : La mort de Muireadhach au Cou Rouge, et Eochaidh prit la royauté d’Ulaid.

490 — Calendes, IIᵉ jour

1 : Zénon Auguste perdit la vie dans sa septième année et son sixième mois.

2 : Ces mois, ainsi que les six mois de Marchan, ajoutent une année que la chronique n’ajoute pas.

491 — Calendes, VIᵉ jour

1 : Anastase régna pendant vingt-huit ans.

2 : Patrick, archevêque et apôtre des Irlandais, dans la cent vingtième année de sa vie, reposa le 16 avril.

Du jour de la naissance du Christ, un doux chemin,
quatre cents et quatre-vingt-dix belles années,
puis trois nobles années après cela,
jusqu’à la mort de Patrick, le premier des apôtres.

492 — Calendes, VIIᵉ jour

1 : Trasamundus le Vandale, roi des Vandales, ferma les églises catholiques et envoya en exil en Sardaigne cent vingt évêques.

493 — Calendes, VIᵉ jour

1 : La bataille de Srath.

2 : Le pape Félix reposa ; Gelasius lui succéda et régna pendant trois ans.

494 — Calendes, VIIᵉ jour

1 : La bataille de Tailtiu, remportée sur les Leinsteriens par Cairbre, fils de Niall.

495 — Calendes, Iᵉʳ jour

1 : La deuxième bataille de Grane, au cours de laquelle tomba Fraech, fils de Fidchadh, roi du Leinster méridional, tué par Eochaidh, fils de Cairbre. Eochaidh fut vainqueur.

496 — Calendes, Iᵉ jour

1 : Le repos de Cuindid, fils de Cathbad, c’est-à-dire Mac Cuilinn, évêque de Lusk.

2 : Une défaillance du soleil apparut.

3 : La prise de Downpatrick.

4 : Gelasius reposa.

497 — Calendes, IIIIᵉ jour

1 : De l’Église romaine, 48. Le pape Anastase, ordonné, vécut pendant deux ans.

2 : La bataille de Sleamain, en Meath, remportée sur les Leinsteriens par Cairbre mac Neill.

3 : MoChae de Naendruim mourut.

4 : L’évêque Cormac, de l’Ernide, successeur de Patrick, reposa.

498 — Calendes, Vᵉ jour

1 : Un immense bouleversement de la terre frappa la province Pontique.

2 : Le pape Anastase reposa.

499 — Calendes, VIᵉ jour

1 : 49 de l’Église romaine. Le pape Symmaque vécut pendant quinze ans.

2 : La bataille de Cenn Ailbe, remportée sur les Leinsteriens par Cairbre, fils de Niall.

500 — Calendes, VIIᵉ jour

1 : La bataille de Segais, remportée par Muireadach, fils d’Erca, sur Duach à la Langue d’Airain, roi de Connacht, au cours de laquelle Duach tomba. C’est pourquoi Cennfaelad chanta :

La bataille de Segais,
Une femme parmi les femmes la provoqua.
Le sang rouge était sur la lance,
Par Duiseach, fille de Duach.

La bataille de Dela, la bataille de Murcuma,
Et la bataille de Tuaim Druba,
Avec la bataille de Segsa où tomba
Duach à la Langue d’Airain.

Traduit pas nos soins d'après W. Stokes (1896)

Sources:
• W. Stokes, (1895–1897) - "The Annals of Tigernach", Revue Celtique, 16-18
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique