OLLO- / OLLOS / OLLON : (GRAND / TOUT / COMPLET)

La langue gauloise (et autres langues celtiques de l'antiquité)
Breton : oll : (tout)
Vieil irlandais : oll : (grand, vaste)
Gallois : oll : (tout)
Cornique : oll : (tout)

ollo- / ollos / ollon — Thème celtique que nous pouvons traduire par « grand », ou « tout, complet » (Delamarre, 2003, p.240 ; 2023, pp.155-157 ; Favereau, 2017, p.292). Il figure notamment sur le plomb de Chamalières, et à deux reprises sur la tuile de Grafenstein. La forme ollon est particulièrement intéressante parce qu’elle apparaît au neutre dans le plomb de Chamalières, dans buetid ollon reguccambion « "Que ce soit pour lui la totale déformation des os droits ». ollon y est interprété comme exprimant l'idée de « totalité », ou de quelque chose de complet ou d'intégral. Le thème apparaît également dans de nombreux noms de personnes et de divinités gauloise, par exemple Bituollus, Cicolluis, Condollus, Ollodagus, Ollognatus, Ollototes, Olloudius, Ollovico, Olorix et Suolla (Delamarre, 2007, passim). Dans ces formations, ollo- constitue le noyau adjectival « grand », auquel s’adjoint un autre élément susceptible d’en préciser ou d’en modifier la valeur : l’intensité dans Foroll (« très grande »), la durée ou la permanence dans Bituollus (« toujours grand », « éternellement grand »), etc. Sur le plan étymologique, la coexistence des sens « grand » et « tout/entier » n'est pas surprenante : l'idée de totalité peut être liée à celle de grandeur ou d'étendue maximale. Les langues celtiques insulaires semblent conserver des descendants directs ou apparentés de ce thème. (voir aussi : sollo-).


Sources:
• X. Delamarre, (2003) - Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, Paris, 440p.
• P.-Y. Lambert, (2003) - La langue gauloise, Errance, Paris, 248p.
• X. Delamarre, (2007) - Noms de personnes celtiques dans l'épigraphie classique, Errance, Paris, 240p.
• F. Favereau, (2017) - Celticismes, Les Gaulois et nous, Skol Vreizh, Morlaix, 408p.
• J.-P. Savignac, (2004) - Dictionnaire français-gaulois, La Différence, Paris, 335p.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique