CINCIBILOS

Les personnages celtes
Nom: Cincibilos
Peuple: Ambidraves (?)
Rôle: Roi
Étymologie: Le guerrier chanceux
Date: 170 avant J.‑C.
Attesté(e): Tite-Live, Histoire Romaine

Cincibilos (Cincibilus) —  Roi d'un peuple celtique établi dans la région de la vallée de la Drave, probablement en Carinthie. Il est connu uniquement par Tite-Live, qui rapporte qu'en 170 av. J.‑C., il envoya son frère auprès du Sénat romain, au sein d'une ambassade chargée de dénoncer les exactions commises par le consul Gaius Cassius Longinus lors de la traversée de leurs territoires. Le Sénat présenta ses regrets, tout en refusant d'engager la responsabilité de l'État romain, et remit des présents, destinés à apaiser le différend, aux ambassadeurs. Le peuple gouverné par Cincibilos n'est pas nommé par les sources antiques.

L'association de Cincibilos avec les Ambidraves repose sur une hypothèse formulée par des historiens modernes à partir d'arguments géographiques. Reprise par plusieurs auteurs, cette identification est jugée plausible, mais demeure conjecturale en l'absence de témoignage antique explicite.

X. Delamarre (2019) analyse Cincibilus comme un composé cinco-bilo-, dont le premier élément, cinco-, demeure inexpliqué ; il le distingue toutefois du thème cingo-. Le second élément, bilo-, est interprété au sens de « chance ». Cette analyse reste subordonnée à l'exactitude de la graphie transmise par Tite-Live. Si celle-ci devait être corrigée en Cingibilos, le premier thème serait alors cingo- (« guerrier, combattant »), conduisant à une interprétation du nom comme « le guerrier chanceux », conforme aux modèles de l'onomastique gauloise.


Tite Live, Histoire Romaine, 43, 5: "À la même époque, des plaintes furent portées au sénat contre C. Cassius, qui avait été consul l'année précédente, et qui servait alors en Macédoine comme tribun militaire, sous A. Hostilius. Ce fut d'abord une députation du roi des Gaulois, Cincibilus. Le frère du roi porta lui-même la parole: "il se plaignit de ce que Cassius avait dévasté le territoire des peuples des Alpes, leurs alliés, et emmené en servitude plusieurs milliers d'habitants. [...] On envoya des députés, deux au prince gaulois, et trois aux autres peuples, pour leur faire connaître les intentions du sénat. On fit aux députés un présent de deux mille as; on donna au prince gaulois et à son frère deux colliers d'or pesant cinq livres, cinq vases d'argent du poids de vingt; deux chevaux caparaçonnés avec les palefreniers, et une armure complète et la saie. Les hommes de leur suite, libres et esclaves, reçurent des vêtements. [...]"



Sources:
• V. Kruta, (2000) - Les Celtes - Histoire et dictionnaire, Laffont, Paris, 1020p.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique