STRATIGRAPHIE

La stratigraphie

En archéologie, la stratigraphie est l’étude de l’organisation des couches de terrain (strates) afin de reconstituer la chronologie d’un site. Elle repose sur l’idée fondamentale que les couches archéologiques se sont déposées progressivement : en principe, une couche située sous une autre est plus ancienne que celle qui la recouvre.

Cette méthode s’appuie sur plusieurs principes :

• Le principe de superposition : dans une séquence intacte, les niveaux inférieurs sont antérieurs aux niveaux supérieurs. Une fosse creusée dans une couche plus ancienne constitue toutefois une perturbation : son remplissage sera plus récent que le terrain qu’elle traverse.

• Le principe de succession : les objets, structures et dépôts contenus dans les différentes couches permettent de comparer des ensembles entre eux et d’établir des séquences chronologiques relatives.

• Le principe de continuité et de rupture : une couche correspond généralement à un événement ou une phase d’occupation (construction, abandon, incendie, dépôt, remblai, destruction). Les changements de nature des sols indiquent souvent des transformations dans l’utilisation du lieu.

En pratique, l’archéologue observe et enregistre les unités stratigraphiques (US) : un sol d’habitat, un mur, un fossé, une fosse, une couche d’incendie ou un remblai sont considérés comme autant d’unités distinctes. Leur position relative est ensuite organisée dans une matrice stratigraphique (souvent appelée matrice de Harris), qui représente les relations d’antériorité ou de postériorité entre ces éléments.

La stratigraphie ne donne pas directement une date absolue. Elle fournit d’abord une chronologie relative : elle permet de dire qu’un événement est antérieur ou postérieur à un autre. Les datations absolues (radiocarbone, dendrochronologie, thermoluminescence, monnaies, céramiques datées, etc.) viennent ensuite compléter cette lecture.

La chronologie relative permet de situer un événement, une structure ou un objet par rapport à un autre, sans fournir nécessairement une date précise. Deux notions latines sont particulièrement utilisées en archéologie : terminus post quem et terminus ante quem.

C’est donc une méthode centrale de l’archéologie : elle transforme un empilement de terres, de murs et de dépôts en une **histoire des occupations humaines successives.

Un exemple simple : dans un habitat antique, on peut observer une succession telle que : sol naturel → première occupation → construction d’un bâtiment → incendie → abandon → couche de ruines → nouvelle construction. La stratigraphie permet alors de reconstituer l’histoire du site, même lorsque les sources écrites sont absentes.

Sources:
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique