FAND

Les personnages celtes
Nom: Fand
Peuple: Túatha Dé Danann
Étymologie: larme ? hirondelle ?
Attesté(e): La maladie de Cúchulainn et l'unique jalousie d'Emer

Fand - Personnage de la mythologie irlandaise. Fille d'Aed Abrat, femme de Mananann mac Lir,' soeur d'Oengus et de Li Ban. Elle apparait dans le récit Seirglige ConCulaind & oenet Emire "La maladie de Cúchulainn et l'unique jalousie d'Emer". Túatha dé Danann, c'est une femme de l'Autre-Monde. C'est à l'époque de samain, alors qu'elle s'était métamorphosée en oiseau, qu'elle fut blessée d'un coup de javelot par Cúchulainn. C'est de par cette bien vilaine action, que Cúchulainn tombe malade. Mais apparemment Fand ne lui en tient pas trop rigueur. Car un an plus tard, follement amoureuse du héros irlandais, elle le fit venir au moment de samain dans son sidh, grâce à l'entremise de Li Ban, et devint sa maitresse durant un mois. En se quittant, les deux amants se fixent rendez-vous sous l'if de Cend Tracha. Mais Emer, la femme de Cúchulainn, est prévenue de ces rencontres. Emer, vient en compagnie de cinquante autres femmes dans la ferme intention de tuer Fand. Mais les deux femmes loin de s'entretuer (Cúchulainn protége Fand, en la faisant monter dans son char), dialoguent et finissent par céder chacune de leur coté (les deux proposant de s'effacer au profit de la rivale). Fand fait appel à Mananann mac Lir, son époux, qui la dissimule derrière son "manteau d'invisibilité". Ce sont les druides du roi Conchobar qui soigneront Cúchulainn, tout en lui donnant un breuvage pour lui faire oublier Fand. Cette même potion est donnée à Emer, pour qu'elle oublie sa jalousie.

Le nom de Fand est traditionnellement associé à la « larme » (fand en vieil-irlandais), association qui apparaît déjà dans le Serglige Con Culainn lui-même : qui explique que « Fand fut alors le nom de la larme » (Fand iarom ainm na dére). Cette interprétation a été reprise par Jean Markale (1997), qui la rattache également au nom de son père, Áed Abrat (« feu de l’œil »), renforçant ainsi l’image de la larme née de l’œil. en établissant un lien narratif entre le personnage et l’image de la larme (dére). Cette étymologie interne au récit ne doit pas être confondue avec une équivalence lexicale directe entre fand et « larme ». Certains spécialistes (Le Roux & Guyonvarc’h, 1986 ; Chevalier & Gheerbrant, 1982 ; Jouët, 2012), ont proposé une autre lecture en rapprochant Fand d’un ancien symbolisme aviaire, notamment celui de l’hirondelle, mais ce rapprochement ne correspond pas à une simple équivalence lexicale attestée en irlandais. Leur analyse voit également dans Fand une figure liée à la souveraineté et considère l’union avec Cú Chulainn comme fondamentalement impossible : le héros guerrier ne peut pleinement accéder à la fonction souveraine représentée par la femme de l’Autre Monde. Cette lecture symbolique doit toutefois être distinguée de l’interprétation plus psychologique de Markale, qui insiste davantage sur la dimension passionnelle, affective et tragique du récit.



Sources:
• J. Chevalier, A. Gheerbrant, (1982) - Dictionnaire des symboles, Laffont / Jupiter, Paris, 1060p.
• Ph. Jouët, (2012) - Dictionnaire de la Mythologie et de la Religion Celtiques, Yoran embanner, Fouesnant, 1039p.
• F. Le Roux - Ch.-J. Guyonvarc'h, (1986) - Les Druides, Ouest-France, 448p.
• J. Markale, (1993) - L'épopée celtique d'Irlande, Payot, 264p.
• J.-P. Persigout, (2009) - Dictionnaire de mythologie celtique, Imago, Paris, 411p.
• Royal Irish Academy. (1913-1976). Dictionary of the Irish Language, Based Mainly on Old and Middle Irish Materials, 7 volumes, Dublin, Royal Irish Academy.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique