Óengus Mac Nisse (Saint Mac Nissi, ou Macanisius en latin) — Évêque irlandais du début du VIᵉ siècle, traditionnellement considéré comme le premier évêque de Coinnire (Condere, aujourd’hui Connor, dans le comté d’Antrim).
La tradition hagiographique rapporte qu’il aurait été baptisé par saint Patrick dans son enfance, qu’il aurait d’abord mené une vie d’ermite, puis qu’il aurait été consacré évêque pour son peuple. Il est également associé à la fondation d’une communauté monastique liée à Connor. Ces éléments appartiennent toutefois en grande partie à la littérature hagiographique, où les récits mêlent traditions ecclésiastiques et motifs légendaires.
Les annales irlandaises placent sa mort vers 514. Certaines traditions liturgiques et martyrologiques indiquent le 3 novembre comme date de commémoration, tandis que d’autres calendriers le célèbrent le 3 septembre.)
Son nom Mac Nisse signifie probablement « fils de Nisse/Ness » (mac Nissi en vieil-irlandais), tandis que le prénom Óengus (choix unique) appartient à l’onomastique gaélique ancienne. Il ne faut donc pas confondre ce Mac Nissi avec un simple « Mac » patronymique médiéval : son nom conserve la structure traditionnelle irlandaise indiquant une filiation.
Les Annála Thighearnaigh reprenent le même récit généalogique que le Chronicon Scotorum, ce qui s’explique par leur appartenance à une même tradition annalistique issue du milieu de Clonmacnoise. Les deux textes associent Óengus, évêque de Condere, à Fobraech, et à sa mère Cnes/Cness ingen Comaide du Dál Ceithire, et expliquent le nom par cette ascendance maternelle.
Chronicon Scotorum [CS 508] Aux calendes III (troisième jour avant les calendes), Muirchertach mac Earca commença à régner. Mac Cnissi, c'est-à-dire Óengus, évêque de Condere (Connor), mourut (quievit, « entra dans le repos »). Son père se nommait Fobraech et sa mère Cnes, fille de Comaide, du Dál Ceithire ; c'est d'après elle qu'il fut appelé Mac Cnisi.
Cependant, la transmission du nom lui-même doit être examinée séparément. La tradition hagiographique conserve la forme Mac Nissi / Mac Nisse, qui correspond à la forme latinisée Macanisius. La forme Mac Cnissi / Mac Cnisi apparaît dans le cadre du récit étiologique reliant le nom à Cnes/Cness. Il est donc possible que le récit généalogique ait été conservé comme une explication traditionnelle d’un nom déjà établi, sans que cette explication reflète nécessairement l’origine historique de la forme Mac Nissi.
Il n'est pas exclu que la forme Mac Nissi appliquée à Óengus résulte d'une contamination scribale. Le rédacteur ou le copiste des Annála Ríoghachta Éireann , ayant précédemment écrit Domangort mac Nissi, aurait pu reproduire inconsciemment cette graphie lorsqu'il rencontra la forme Mac Cnissi ou une leçon graphique ambiguë dans la notice d'Óengus.
La forme Mac Cnissi est donc surtout un élément de la tradition annalistique explicative, tandis que Mac Nisse/Mac Nissi est la forme identitaire du saint dans la mémoire ecclésiastique.
Sources: • J. O’Donovan (éd.), (1848-1851) - Annala Rioghachta Éireann / Annals of the Kingdom of Ireland by the Four Masters, Hodges & Smith, Dublin
• W. Stokes, (1895–1897) - "The Annals of Tigernach", Revue Celtique, 16-18
• W. Hennessy, (1866) - Chronicon Scotorum: A Chronicle of Irish Affairs from the Earliest Times to A.D. 1135, Rolls Series, vol. 46. Londres, 419 p.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique