De nombreux toponymes antiques nous sont connus par les itinéraires anciens, en particulier par l’Itinerarium Antonini. Il s’agit, dans la majorité des cas, de relais routiers (mansiones ou mutationes).
Certains de ces relais étaient déjà intégrés à un tissu d’habitat à l’époque romaine ; d’autres ont vu se développer ultérieurement un vicus à proximité. Dans ces cas, le nom antique a pu se conserver, de manière plus ou moins altérée, dans la toponymie moderne : hameaux, villages, villes, voire simples lieux-dits, même lorsque l’agglomération antique a disparu depuis longtemps.
Une autre catégorie regroupe les relais qui n’étaient que de simples points d’étape, sans développement urbain durable. Ces mansiones ou mutationes ont disparu sans laisser de trace dans la toponymie. Leur localisation ne peut alors être qu’approximative, fondée sur les distances indiquées par les itinéraires, le tracé des voies romaines et certains repères géographiques (cours d’eau, gués, relief). Dans ces cas, on les situe généralement par rapport à la localité moderne la plus proche, sans impliquer de continuité historique directe.
Nous regroupons dans cette partie ces toponymes “orphelins” : des relais routiers qui n’ont connu aucun développement durable et dont le nom n’a laissé aucune trace dans la toponymie postérieure, qu’elle soit antique tardive, médiévale ou moderne.