Asuius — Anthroponyme masculin apparaissant dans des inscriptions de la Gaule narbonnaise (Arles et Nîmes). X. Delamarre, dans son ouvrage sur les noms de personnes celtiques, propose de voir une dérivation latine en -io- à partir d’un thème astu-. (Delamarre, 2007, p.28), qu'il interprète dans son dictionnaire de la langue gauloise par « ordonné, initié selon le rituel, légal » (Delamarre, 2003, p.57). Toutefois dans son dictionnaire des thèmes nominaux du gaulois, il retient une définition plus prudente : « titre juridique ou religieux » (Delamarre, 2019, p.83). La forme féminine, Asuia, est également attestée.
En Gaule narbonnaise
• Chez les Salyens (Arelatenses)
À Arles (Bouches-du-Rhône), une dédicace aux Lares est faite par plusieurs esclaves, probablement dans un cadre collectif ou domestique, dont la nature exacte demeure incertaine (AE 1967, 285 ; Edh, HD014680 ; CAG 13-5, p.630).
[...] esclave de Marcus ; [...] esclave de Lucius ; Hipparchus, esclave d’Asuius ; Epagathus, esclave de Lucius ; [...] esclave de Domitius Sextus ; ministres des Lares.
Toujours à Arles (Bouches-du-Rhône), une stèle funéraire représentant un homme et une femme drapés ; tous deux ont la main droite ramenée sur la poitrine. La femme tient un miroir dans l’autre main. Monument funéraire d’Aulus Asuius Sedatus et de Pompeia Graphus, rélisé par leurs fils Sedulus et Securus. (CIL XII, 762 ; Espérandieu I, pp.153-154 ; CAG 13-5, p.262 ; Gaggadis-Robin & Heijmans, 2015, pp. 123-143)
A Nîmes (Gard), le nom Asuius figure à plusieurs reprises sur une grande plaque funéraire, datée du Iᵉʳ siècle apr. J.-C (CIL XII, 3429).
Nîmes (CIL XII, 3429)C(AIO) ASVIO ATEPILLAE C(AIO) ASV[IO] MESSIO ATESSATIS FIL(IA) PA[TRI] ASVIA ASVI FIL(IA) SIBI ET [SVIS] EX TESTAME[NTO]
"À Caius Asuius Atepilla, à Caius Asuius Messius, fils d’Atessas, son père, Asuia, fille d’Asuius, [a fait ce monument] pour elle-même et les siens, conformément à son testament. "
Sources: • M. Christol, (1996) - "L'épigraphie nîmoise", in : J.-L. Fiches & A. Veyrac (dir.), Carte archéologique de la Gaule - Nîmes 30/1, Les Editions de la Maison des Sciences de l'Homme, pp.89-100
• M. Clauss, H. Slaby, Epigraphik-Datenbank Clauss/Slaby (EDCS), (en ligne : https://edcs.hist.uzh.ch/)
• X. Delamarre, (2003) - Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, Paris, 440p.
• X. Delamarre, (2007) - Noms de personnes celtiques dans l'épigraphie classique, Errance, Paris, 240p.
• X. Delamarre, (2019) - Dictionnaire des thèmes nominaux du gaulois (I. Ab- / Ixs(o)-), Les Cent Chemins, 398p.
• É. Espérandieu, (1907) - Recueil général des bas-reliefs, statues et bustes de la Gaule romaine - Alpes Maritimes - Alpes Cottiennes - Corse - Narbonnaise, Tome 1, E. Leroux, Paris, 489p.
• V. Gaggadis-Robin, M. Heijmans, (2015) - "Espaces et monuments funéraires en Arles : autour des stèles à portraits", Signa et tituli - Monuments et espaces de représentation en Gaule méridionale sous le regard croisé de la sculpture et de l'épigraphie, Errance, pp. 123-143
• M.-P. Rothé, M. Heijmans, (2008) - Carte archéologique de la Gaule - 13/5 - Arles, Crau, Camargue, Paris, Académie des inscriptions et belles-lettres, 912p.
• Epigraphic Database Heidelberg (EDH), (en ligne : https://edh.ub.uni-heidelberg.de/)
• Presses universitaires de France. (1888-). L’Année épigraphique (AE), Paris, Presses universitaires de France.
• Académie des sciences de Berlin-Brandebourg. (1863-). Corpus Inscriptionum Latinarum (CIL), Berlin.
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique