En 214 av. J.-C., lors de la deuxième guerre punique, opposant Rome à Carthage, l'armée romaine dirigée par Scipion, est en pleine reconquête du sud de la péninsule ibérique. Les troupes carthaginoises, commandées par Hasdrubal Barca, comptent dans leurs rangs des Celtes. Les Romains viennent de prendre Castulon (Linares, province de Jaén, Andalousie, Espagne) et de s'imposer face aux Carthaginois qui tentaient de s'emparer d'Iliturgi (Mengibar, province de Jaén, Andalousie, Espagne), qu'Hasdrubal Barca avait déjà vainement tenté de prendre l'année précédente. Repoussés, ils tentent de prendre Bigerra (Bailén, province de Jaén, Andalousie, Espagne), mais se replient sans combattre à l'arrivée de Scipion.
Les Carthaginois marchent alors sur Munda (Montilla, province de Cordoue, Andalousie, Espagne) ; les Romains les suivent et une bataille rangée s’engage. Le combat dure près de quatre heures. Les Romains ont manifestement l’avantage et la victoire semble acquise lorsqu’on sonne soudain la retraite. La raison n’est pas stratégique, mais liée au sort du commandant : Scipion vient d’être blessé à la cuisse par un coup de pique. Autour de lui, les soldats redoutent que la blessure soit mortelle. La crainte pour leur chef provoque le repli. Tite-Live souligne que, sans cet accident, le camp carthaginois aurait été pris le jour même. Les Romains avaient déjà refoulé les troupes ennemies — soldats et éléphants — jusque sous les retranchements. Trente-neuf éléphants avaient été atteints de projectiles.
Le bilan est lourd pour les Carthaginois : • environ 12 000 morts • environ 3 000 prisonniers • 57 enseignes capturées.
Malgré sa grave blessure, Scipion poursuit l'armée carthaginoise jusqu'à Auringis, où, après une éclatante victoire, il consolide définitivement sa domination sur la région et sécurise les territoires récemment reconquis.
Tite-Live, Histoire romaine, XXIV, 42 :"Déjà les Carthaginois se portèrent sur Munda ; les Romains les y suivirent. On s'y battit en ligne pendant près de quatre heures. Les Romains étaient évidemment victorieux lorsqu'on sonna la retraite. Scipion venait d'avoir la cuisse percée d'un coup de pique, et autour de lui les soldats avaient été saisis de la crainte que la blessure ne fût mortelle. Sans ce malheur, le camp des Carthaginois eût été pris ce jour-là. Déjà les soldats, les éléphants, avaient été poussés jusqu'aux retranchements et sous les retranchements mêmes, trente-neuf éléphants avaient été percés de traits. Dans ce combat, il y eut encore, dit-on, douze mille hommes de tués ; trois mille à peu près furent pris avec cinquante-sept enseignes."
Sources: • Julien Quiret pour l'Arbre Celtique
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique