AQUAE QUINTIAE (GUNTÍN DE PALLARES)

Les villes celtiques et gallo-romaines
Nom antique: Aquæ Quintiae
Nom actuel: Guntín de Pallares
Ville: Guntín
Localisation: Province de Lugo, Galice, Espagne
Peuple: Callaïques (Seurres)
Étymologie: Les eaux de Quintus (latin)


GUNTÍN DE PALLARES
(Aquæ Quintiæ)

Aquæ Quintiæ — Toponyme déduit de la forme Ὕδατα Κυντίνα (« Udata Kuntina ») donnée par Ptolémée (Géographie, II, 6, 27), qui la situe chez les Seurres, peuple callaïque. Il est généralement identifié aux Baños de Guntín, à Guntín de Pallares (province de Lugo, Galice), près du río Ferreira. Quintiae reste la forme généralement retenue dans la bibliographie épigraphique, même si Quintina(e) peut paraître plus intuitive pour expliquer Guntín. Le nom apparaît sur l’une des plaquettes de Cangas de Onís (AE 1921, 7 ; HEp 2012, 386), dans l’itinéraire entre Lucus Augusti (Lugo) et Dactionum (San Vicente de Castillón). La plaquette conserve suffisamment de traces pour suggérer QVIN-, mais la restitution complète AQVAE QVINTIAE a vraisemblablement été déterminée ou au moins confirmée par le parallèle de Ptolémée.

L’identification d’Aquae Quintiae aux Baños de Guntín ne soulève pas de difficulté sérieuse sur le plan géographique : le site correspond à la position attendue entre Lucus Augusti et Dactionum. Toutefois, pour M. Delgado Borrajo et M. Grande Rodríguez, Aquae Quintiae est la lecture habituelle de la séquence lacunaire, tandis que son identification aux Baños de Guntín demeure une hypothèse géographiquement plausible, mais non démontrée (Delgado Borrajo & M. Grande Rodríguez, 2008, p.150). En revanche, rien ne démontre que le Baños moderne constitue le continuateur de l’antique Aquae, ni que Guntín conserve, sous une forme remaniée, le second élément du toponyme antique. L’analyse de Guntín comme nomen possessoris germanique, proposée par Piel et Kremer et reprise par Moralejo (Moralejo, 2009, p. 199), constitue une explication plausible du nom moderne, mais elle ne suffit pas à exclure une réfection ou une substitution toponymique antérieure. La forme Quintiae étant elle-même en partie restituée sur la plaquette de Cangas d’Onís, probablement avec l’appui de Ptolémée, le rapprochement Quintiae ~ Guntín ne peut être tenu pour démontré ; mais il serait tout aussi excessif de le qualifier de « coïncidence sans pertinence ».

Cangas de Onís (AE 1921, 7)
VIA [LV]CO AVGVSTI AD IRIA(M)
PONTE NARTIAE
BREV[I]S
ASECONIA
IRIA
XI
XIII
XI
X[X]
VIA LVCO AV[GV]STI A[D DACTIONVM]
AQVA[E QVINTIAE
DACTIONVM

...]
X
C(AIVS) LEP(IDIVS) M(ARCI) (!) IIVIR

"Voie de Lucus Augusti (Lugo) à Iria (Padrón).
Pons Nartiae (San Paio de Narla),
Brevis (Burres),
Aseconia (Saint-Jacques-de-Compostelle),
Iria (Padrón),
11 (mille pas)
13 (mille pas)
11 (mille pas)
20 (mille pas).
Voie de Lucus Augusti (Lugo) à Dactionum (San Pedro de Incio).
Aquae Quintiae (Guntín de Pallares),
Dactionum (San Vicente de Castillón),
[...] (mille pas)
10 (mille pas).
Caius Lepidius, (fils de ?) Marcus (?), duumvir."


Sources:
• M. Delgado Borrajo & M. Grande Rodríguez, (2008) - “Os Lemavi a traverso das fontes literarias e epigráficas“, Minius, XVI (2008), pp. 133-162
• J. J. Moralejo, (2009) - "Toponimia de las vías romanas de Galicia", Palaeohispanica, n°9, pp. 189-202
• Presses universitaires de France. (1888-). L’Année épigraphique, Paris, Presses universitaires de France.
• Hispania Epigraphica (1989–), Madrid, Universidad Complutense de Madrid, Archivo Epigráfico de Hispania.
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique