La pierre de Coolineagh II (Baronnie d'East Muskerry, Comté de Cork) (CIIC 105)(CISP Coogh-2)
Cette pierre fut découverte en 1838, lors de la démolition de l'ancienne église d'Aghabullogue(1) (édifice du XVIIIe siècle construit sur des fondations beaucoup plus anciennes). Lors de cette reconstruction les ouvriers ont débité la pierre supprimant la plus grande partie de la face content le haut des lettres oghamiques, ne laissant que les extrémités des entailles de la partie basse des lettres. (Macalister, 1945, pp.105-107)
L'analyse de Macalister restitue un texte ANM N[ETAC]U[N]AS [CE]L[I] VIDETTAS. Il faut surtout retenir que cette inscription a subi des dommages considérables lors du réemploi de la pierre, ce qui explique l'importance des restitutions. La restitution de N[ETAC]U[N]AS est particulièrement, même si Macalister insiste sur la correspondance entre la longueur de la lacune et le nombre de caractères attendus, tout en nous assénant d'un étrange "it will never be possible to prove it wrong(Macalister, 1945, pp.105).
Cette inscription est répertoriée dans le Celtic Inscribed Stones Project(Cisp, Coogh 2), avec la lecture de Macalister, mais ne figure pas dans la base de données du projet Titus.
Interprétation de l'inscription
• ANM : abréviation de Anmann « nom » marqueur introductif annonçant le nom.
• NETACUNAS : Possible nom de la personne commémorée (le défunt).
• CELI : Indique une relation de clientèle ou de dépendance.(2).
• VIDETTAS : patron, maître ou protecteur.
Cette inscription, que nous pouvons traduire par « À la mémoire de Netacunas, client de Videttas. », identifie le défunt par son lien de dépendance ou de patronage envers une autre personne, plutôt que par une filiation biologique.
Notes: (retour à l'appelant)(1)Aghabullogue se situe dans le townland de Coolineagh, ce qui explique la double localisation mentionnée dans les notices. (2)Le terme CELI, fréquemment attesté dans les inscriptions oghamiques funéraires, désigne une relation de clientèle ou de dépendance personnelle. Il s'agit du génitif de céle, qui renvoie à un suiveur, un client ou un dévot. Dans la formule onomastique X CELI Y, il exprime le lien entre la personne commémorée et son patron, maître ou protecteur.
Sources: • R.A.S. Macalister, (1945–1949) - Corpus Inscriptionum Insularum Celticarum, 2 vol. Dublin, Stationery Office, Irish Manuscripts Commission.
• University College London, Celtic Inscribed Stones Project, (CISP), (en ligne : https://linkedopenogham.github.io/cisp-recovery/cisp/database/)
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique