CALODURUM (CHILLEURS-AUX-BOIS)

Les villes celtiques et gallo-romaines
Nom antique: Calodurum
Ville: Chilleurs-aux-Bois
Localisation: Loiret
Peuple: Carnutes
Étymologie: Le marché de Callios
Type: vicus


CHILLEURS-AUX-BOIS
(Calodurum)

Calodurum — Nom antique reconstruit de Chilleurs-aux-Bois est une agglomération routière du territoire carnute, relevant de la cité d’Autricum (Chartres), puis de la cité de Cenabum (Orléans) à la fin du IIIᵉ s. apr. J.‑C. , structurée par la voie Orléans–Reims et un réseau secondaire, dont l'organisation demeure partiellement insaisissable ; elle se distingue surtout par la présence d'un sanctuaire d'origine laténienne, monumental à l'époque romaine, par des activités artisanales et par une occupation qui se prolonge jusqu'au haut Moyen Âge (Fournier & Guillemard, 2017, pp 165-179). Le nom apparait sous la forme Calodorus ecclesia dans le De Ministerio Arnulfi , Pouillé de Sens, p. 323) (Denis Jeanson, Chilaire-Chimuid). Bien que la forme médiévale soit au nominatif singulier masculin, avec une flexion en -us, le celtique duron facilement identifiable dans ce toponyme est un élément neutre, et sa latinisation régulière donnerait plutôt -durum. Nous pouvons donc reconstruire une forme antique Calodurum, sans trop de risque. Delamarre pour sa part y voit un composé en callio-durum « marché de Callios » (Delamarre, 2012, p97), et non « marché du sabot », interprétation dont la justification sémantique serait difficile. La situation de Chilleurs, à un carrefour routier, ainsi que la présence d’un sanctuaire, en font en revanche un bon candidat pour un lieu de marché. Un seul document épigraphique y a été signalé : une inscription très lacunaire, portée sur une plaque-boucle de ceinture, conservant notamment la séquence Demionci […] donavi(t). La présence de donavi(t) suggère un acte de don ou d’offrande, sans permettre toutefois d’en établir avec certitude le caractère votif. La forme Demionci peut être interprétée comme un anthroponyme ou comme le génitif du théonyme Demioncus, sans qu’il soit possible de trancher (CAG-45, p 194), A. Ferdière y voyait une inscription funéraire (Ferdière, 1993, p.220). Compte tenu des circonstances de sa découverte, il est toutefois préférable de parler d’une inscription en contexte funéraire.


Sources:
• X. Delamarre, (2012) - Noms de lieux celtiques de l'Europe ancienne, Errance, Paris, 384p.
• A. Ferdière, (1993) - "Sépultures dans le monde rural gallo-romain : le cas de la Beauce", Monde des morts, monde des vivants en Gaule rurale, Tours, Supplément à la RACF, 6), pp. 209–239.
• L. Fournier, Th Guillemard; coll. M.-P. Chambon (2017) - "L’agglomération de Chilleurs-aux-Bois (Loiret) durant l’Antiquité tardive", Gallia 74-1 - Agglomérations, vici et castra du Nord de la Gaule entre Antiquité tardive et début du haut Moyen Âge, pp. 165-179
• M. Provost, (1988), Carte archéologique de la Gaule - 45 — Le Loiret, Paris, Académie des inscriptions et belles-lettres, 245p.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique