AIGOSAGES SONT ÉCRASÉS PAR PRUSIAS I DE BITHYNIE [-217 / -216]
Les Aigosages sont écrasés par Prusias Iᵉʳ de Bithynie (217-216 av. J.‑C.)
Après s’être éloigné du centre de la Troade, les Aigosages menacèrent la région d’Abydos. Les cités visées ne furent pas comptées parmi celles énumérées par Polybe pour être restées fidèles à Attale Iᵉʳ de Pergame (Histoire générale, V, 78), ce qui amène à supposer qu’ils convoitaient d’attaquer des cités qui pouvaient être perçues comme plus isolées. Ce fut une grave erreur ; Attale Iᵉʳ n’était pas le seul grand souverain ayant un intérêt stratégique dans la région. Prusias Iᵉʳ de Bithynie avait montré tout l’intérêt qu’il portait pour la Propontide et les détroits lors de la guerre contre Byzance (220-219 av. J.‑C.), s’est manifestement inquiété du sort réservé à Ἀρίσβη (Arisbé, Arisvi, district de Lapseki, Turquie). Ainsi, alors que les Aigosages tentaient de prendre la ville, ils se laissèrent surprendre par l’armée bithynienne et furent écrasés. Prusias Iᵉʳ ne se contenta pas de les repousser, il les fit exterminer. Polybe indique en effet que les soldats galates furent taillés en pièces, tandis que leurs femmes et enfants furent égorgés (Histoire générale, V, 21).
Malgré la rivalité qui l’opposait à Attale Iᵉʳ, Prusias Iᵉʳ ne chercha pas à conserver la région. Il est fort probable que son seul objectif ait été la sécurisation de la Propontide et de l'Hellespont, mais aussi chercher à s’imposer comme puissance régionale et protecteur des cités grecques.
Sources littéraires anciennes
Polybe, Histoire générale, V, 21 :"Vers ce même temps, Prusias fit un exploit mémorable. Les Galates qu'Attalus avait tirés d'Europe pour faire la guerre à Achéus [...] se jetèrent dans l'Arisbe, ville de l'Abydène, et se disposèrent à entrer de force dans les villes du pays; Prusias vint à eux et leur livra bataille. Tout ce qu'il y avait de soldats fut taillé en pièces, les enfants et les femmes furent égorgés dans le camp, et les équipages furent abandonnés aux vainqueurs. Par là il délivra d'une grande crainte les villes de l'Hellespont, et apprit aux Barbares de l'Europe à ne point hasarder si facilement de passer en Asie. En Grèce et en Asie, tel était l'état des affaires."