Alingonum - Ce nom apparaît au IVᵉ siècle chez Paulin de Nole (Epistulae, 2 ; 21), sous la forme Alingonenses ("habitants de Langon"), et au Vᵉ siècle chez Sidoine Apollinaire (Epistulae, 7), sous la forme portum Alingonis ("port de Langon"). Ce toponyme correspond à la ville actuelle de Langon, située sur la rive gauche de la Garonne en Gironde, dans le sud-ouest de la France. Aujourd'hui, Langon est un petit centre historique connu pour son port et sa position sur le fleuve.
Dans l'Epistulae (ép. 21), de Paulin de Nole, on découvre que le vicus possédait au IVᵉ siècle, une population de quatre-cents âmes et une église. L'évêque de Bordeaux, Delphinus, se réjouissait de la construction de cet édifice, sans qu'il soit précisé si le vicus était sous sa juridiction (voir infra).
La Vita de Paulin de Nole place Langon dans le diocèse des Vasatenses, en relation avec un don du saint. Elle suggère en même temps qu’antérieurement la localité relevait du diocèse des Burdigalenses. Dans la mesure où les circonscriptions épiscopales reprennent en grande partie le cadre des anciennes civitates, cette tradition pourrait refléter une situation plus ancienne dans laquelle Langon dépendait de la civitas des Bituriges Vivisques — à moins d’envisager des transferts de juridiction ultérieurs.
Selon Delamarre (2012), qui considère ces attestations trop précoces pour une origine germanique de ce nom, il envisage plutôt un thème en *ad-lingo-n- > *allingo-n-, dans lequel on reconnaît un thème *ling signifiant "sauter, bondir", ce qui pourrait évoquer des rapides ou des cascades. Toutefois, autour de Langon, le fleuve est plutôt lent et profond, adapté aux bateaux de commerce antiques et médiévaux. Delamarre propose donc plutôt un syntagme *ad-Lingon- ("près des Lingons") ; mais si une proximité existe, elle n'est certainement pas géographique. Une origine anthroponymique : "domaine d'Adlingos", semble plus plausible et pourrait mieux expliquer le toponyme.
Extrait de la Vita S. Paulini : "Alingonum quoque, de quo pluries in Paulini epistolis occurrit mentio, ex illius dominio fuisse videtur: hodie41 Lengonem vocant urbem ad Garumnam in pago Vasatensi sitam; quamvis enim ad dioecesim Vasatensis episcopi pertineat, non autem Burdegalensis archiepiscopi, cujus tunc temporis fuisse videtur, ex dono S. Paulini ante annum 670 erat canonicorum ecclesiae S. Severini Burdegalensis. Narbone in Galliis Paulinus possessiones habuisse videtur, sicut et Fundis in Latio, hodie in terra di Laboro."Traduction par nos soins : "Alingonum aussi, dont il est fait mention à plusieurs reprises dans les lettres de Paulin de Nole, semble avoir fait partie de son domaine : aujourd’hui, on appelle Langon une ville située sur la Garonne, dans le pays des Vasates ; bien qu’elle relève du diocèse de l’évêque des Vasates, et non de l’archevêque de Bordeaux, auquel elle semble avoir appartenu à cette époque, elle appartenait, par don de saint Paulin, avant l’an 670, aux chanoines de l’église Saint-Seurin de Bordeaux. Narbonne, en Gaule, paraît aussi avoir été le siège de possessions de Paulin, de même que Fondi, dans le Latium, aujourd’hui dans la Terra di Lavoro."
Sources: • X. Delamarre, (2012) - Noms de lieux celtiques de l'Europe ancienne, Errance, Paris, 384p.
• D. E. Trout, (2023) - Paulinus of Nola - Life, Letters, and Poems, University of California Press, 404p.
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique