Caudellum ? (oppidum du Castellar, commune de Cadenet)
Dexivates / Désuviates - Peuplade de Gaule narbonnaise, uniquement mentionnée par Pline (Histoire naturelle, III, 34) dans la formule (regio) Dexivatium "la région des Dexivates", qu'il évoque entre les Anatiliens du nord de la plaine de la Crau, et les Cavares de la basse-vallée de la Durance. Quatre inscriptions gallo-romaines découvertes sur la commune de Cadenet (Vaucluse) évoquent une déesse Dexiva, laquelle semble bien se rapporter à ce peuple. Peut-être était-ce leur déesse tutélaire ? Toutes ces inscriptions ont été mises au jour au niveau de l'oppidum du Castellar (Cadenet), qui pourrait avoir été leur métropole. Cette déduction conduit à localiser les Dexivates dans le Pays d'Aigues, entre le Lubéron et la Durance. L'ethnonyme "Dexivates" est gaulois, il s'explique par le terme dexsivo- "droite / sud / favorable", associé au suffixe d'appartenance -ati ; l'ensemble signifiait littéralement "les méridionaux". Leur nom est couramment francisé en "Désuviates", bien que l'orthographe "Dexivates" soit bien plus adaptée.
D'après la description du sud de la Gaule livrée par Strabon (Géographie, IV, 1, 11) au Ier s. ap. J.‑C., il semble que la région occupée par les Dexivates était incluse dans la territoire des Salyens, puisqu'il indique que leur frontière septentrionale correspondait au Lubéron. Il est donc fort probable que les Dexivates aient été, au Bas-Empire, l'une des peuplades de la confédération des Salyens. Si tel fut le cas, il est fort probable que les Dexivates soient passés dans le giron romain dans le cadre de la campagne menée par Gaius Sextius Calvinus dans le coeur du territoire des Salyens, laquelle le mena jusque chez les Voconces en 124 av. J.‑C..
Pline, Histoire naturelle, III, 34 :"Au delà, les fossés qui partent du Rhône, travail célèbre de C. Marius, et qui porte son nom; l'étang Mastramela; Maritima, ville des Avatiques, et, au-dessus, des champs de pierre (la Crau) qui gardent la mémoire des combats d'Hercule ; la région des Anatiliens, et, dans l'intérieur, celle des Désuviates et des Cavares. En revenant à la mer, Tricorium ; puis, dans l'intérieur, les régions des Tricolles, des Vocontiens et des Segovellaunes, puis des Allobroges ; sur la côte, Marseille des Grecs Phocéens, alliée ;"
"A Dexiva, [...] s'est acquitté de son vœu, de bon gré, comme il se doit."
Sources: • X. Delamarre, (2003) - Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, Paris, 440p.
• L. Tallah, (2004), Carte archéologique de la Gaule - 84/2 — Le Luberon et le pays d’Apt, Paris, Académie des inscriptions et belles-lettres, 431p.
• Presses universitaires de France. (1888-). L’Année épigraphique, Paris, Presses universitaires de France.
• Académie des sciences de Berlin-Brandebourg. (1863-). Corpus Inscriptionum Latinarum, Berlin.
• EDCS – Base de données épigraphique Clauss / Slaby (https://edcs.hist.uzh.ch/)
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique