Mugcorb mac Ailella Aulomain / Mughcorb mac Ailella / Mugcorb / Mughcorb — Figure secondaire de la mythologie irlandaise, Tadg mac Ailella apparaît notamment dans les Annales des Quatre Maîtres, où il est présenté comme l’un des neuf fils d’Ailill Aulomn et de Sadb ingen Cuinn. Sept de ces frères — Eógan Mór, Dubmercon, Mugcorb, Lugaid, Eochaid, Diocorb et Tadg — étaient venus avec leur oncle Art mac Cuinn, combattre Mac Con, leur frère de lait, lors de la bataille de Magh Mucruimhe. Ils y trouvèrent la mort, tués par Béinne Britt, roi de Bretagne, qui porta sur eux ses mains meurtrières. Béinne Britt fut ensuite tué par Lugaid Lága, qui vengea ainsi ses parents. Deux autres frères — Cormac Cas et Cían — ne sont apparemment pas présents lors de cette bataille.
Mugcorb est également évoqué, sous le nom de Corbb Cacht, dans le récit du Cath Maige Mucrama (« La bataille de Mag Mucruimhe »), où sont relatés les événements liés à la bataille et à la chute d’Art mac Cuinn. Cette tradition narrative ne semble conserver qu’une partie des fils d’Ailill Aulomm et de Sadb. Les noms qui apparaissent dans ce récit, probablement plus ancien, ne correspondent pas exactement à la liste des sept fils donnée par les Annales des Quatre Maîtres. On y trouve Eógan, mais également Cormac Cas et Cían ; ces deux derniers ne figurent pas dans la liste annalistique, qui semble ici se limiter aux fils venus avec Ailill Aulomm lors de cette bataille.
La présentation de Keating, qui porte le nombre total des fils d’Ailill Aulomm et de Sadb à neuf, ne semble pas résulter d’une simple addition de deux listes indépendantes. Keating rapporte une tradition généalogique attribuant neuf fils au couple royal ; parmi eux, sept périssent lors de l’affrontement contre Mac Con, tandis que Cormac Cas et Cían survivent. Cette tradition doit toutefois être distinguée de la liste des sept fils donnée par les Annales des Quatre Maîtres, qui semble se limiter aux fils venus avec Ailill Aulomm lors de cette bataille.
Bien que les Annála Ríoghachta Éireann donnent la forme moyen-irlandaise et moderne Mughcorb, la forme ancienne du nom est Mugcorb.
Le nom vieil-irlandais mug est généralement rapproché d’un terme gaélique ancien associé à l’esclave, le serviteur. Le vieil-irlandais corb signifiant pour sa part : « char ». Mugcorb est donc : « le serviteur / l'esclave du char ».
Le cas de Corbb Cacht semble devoir être rapproché de Mugcorb. Ce dernier, dont la sémantique est comparable (« l’esclave du char »), pourrait expliquer l’apparition de cette forme dans une autre tradition. La présence de Corbb Cacht comme fils supplémentaire dans certaines listes, alors qu’il ne trouve pas de place claire dans les traditions généalogiques parallèles, suggère qu’il ne s’agit probablement pas d’un personnage distinct, mais d’une forme réinterprétée d’un nom déjà attesté.
Sources: • Royal Irish Academy. (1913-1976). Dictionary of the Irish Language, Based Mainly on Old and Middle Irish Materials, 7 volumes, Dublin, Royal Irish Academy.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique