Spirantisation — Processus phonétique par lequel une consonne occlusive, c’est-à-dire produite avec un arrêt complet du souffle, évolue vers une consonne fricative, produite avec un simple frottement de l’air.
Concrètement, cela signifie qu’un son « dur » comme [b], [p], [d] ou [g] peut, dans certains contextes, s’assouplir et devenir respectivement [v], [f], [ð] ou [ɣ]. Ce phénomène est fréquent dans l’évolution des langues, notamment du latin vers les langues romanes ou dans les langues celtiques.
Un exemple classique est celui du celtique sapo- (ou d’un substrat nord-occidental), qui a donné le français « savon ». Dans d’autres évolutions apparentées, on observe le passage de sons occlusifs à des fricatives dans les consonnes voisines, ce qui illustre le mécanisme général de l’adoucissement articulatoire. De façon plus transparente encore, le passage de Abona à Avon montre directement la spirantisation du 'b' intervocalique, qui passe d’une occlusive bilabiale sonore à une fricative [v].
Ainsi, la spirantisation correspond à une transformation où l’articulation devient moins fermée et plus continue, ce qui produit des sons perçus comme plus « doux » dans la chaîne parlée.
La spirantisation est généralement considérée comme un type particulier de lénition, dans la mesure où elle implique un affaiblissement de l’articulation consonantique. Toutefois, la lénition est un phénomène plus large, qui peut inclure d’autres formes d’affaiblissement allant au-delà du passage à une fricative, voire jusqu’à l’effacement du segment.
Par rapport à la fricatisation, la spirantisation converge largement dans les résultats observés, puisque dans de nombreux cas elle aboutit effectivement à une consonne fricative. La différence tient surtout au niveau de description : la fricatisation désigne strictement le résultat articulatoire (occlusive → fricative), tandis que la spirantisation met l’accent sur le processus d’évolution et peut, selon les traditions descriptives, couvrir des cas légèrement plus larges ou moins strictement définis.