La littérature galloise médiévale ne possède pas une classification aussi rigide que les cycles irlandais, mais les chercheurs distinguent généralement plusieurs grands ensembles fonctionnels et génériques dans les manuscrits.
On trouve d’abord les récits en prose narrative, qui regroupent les contes mythologiques et légendaires comme ceux du Mabinogion ou des textes proches tels que Hanes Taliesin. Ces récits mêlent mythologie, histoire légendaire et matière arthurienne, sans séparation stricte entre mythe et narration historique.
Vient ensuite la poésie bardique, extrêmement importante dans la tradition galloise, représentée par des poètes comme Lewys Glyn Cothi. Elle comprend des poèmes de louange, de satire, de prophétie ou de généalogie, souvent liés aux cours princières et aux familles nobles.
Les Trioedd Ynys Prydein (Triades de l’île de Bretagne) appartiennent à un genre particulier de la littérature galloise médiévale, distinct à la fois de la prose narrative comme le Mabinogion et de la poésie bardique continue. Il s’agit de courtes unités de savoir organisées en groupes de trois éléments — personnages, événements ou objets — destinées à condenser et mémoriser la tradition historique et légendaire. Elles relèvent ainsi d’un type de texte gnomique et mémoriel, transmis dans plusieurs manuscrits médiévaux, souvent en complément d’autres récits, et jouant un rôle de répertoire structuré de la mémoire héroïque et culturelle galloise.
Un autre ensemble important est constitué des textes généalogiques et historiques, qui présentent des lignées de rois, de saints ou de héros. Ces listes sont particulièrement visibles dans des compilations tardives comme les Iolo Manuscripts, mais elles s’appuient aussi sur des traditions plus anciennes.
Enfin, on trouve des textes religieux et hagiographiques, centrés sur les saints gallois et la christianisation du pays de Galles, souvent intégrés de manière diffuse dans les manuscrits sans distinction formelle nette.
Dans l’ensemble, la classification galloise repose moins sur des “cycles” fermés que sur des genres fonctionnels — narration, poésie, généalogie et hagiographie — qui coexistent et se chevauchent fréquemment dans les mêmes manuscrits.