Fergus Folcthech, that is, Fergus the Toothless. Or he was ... toothed.
Ferghus Folcthech, c’est-à-dire Fergus l'édenté (ou « le sans-dent »). Ou bien srénfíaclach = « à la mâchoire puissante » (robuste) ; c’était un sénusach, c’est-à-dire un homme aux mâchoires fortes.
🧾folcthech "qui a les dents espacées" / dil.ie (consulté le 20/03/2026). 🧾failc "dents espacées" / dil.ie (consulté le 20/03/2026). 🧾mantach "édenté" / dil.ie (consulté le 20/03/2026). 🧾srón "nez, narine" / dil.ie (consulté le 20/03/2026) (celt. *srogna "nez, narine). 🧾fíacail "dent" / dil.ie (consulté le 17/03/2026). 🧾sénasach "dents espacées" / dil.ie (consulté le 20/03/2026). ️⚠️ sénasach, l' eDIL ne fait que recopier ce que dit le Cóir Anmann → il s’agit d’une référence circulaire.
162
Aedh Gnái Fer in ghai leathain .i. gai leathan lais .i. laighne lethanmhóra dobói aigi. Aedh G[n]ái in t-ainm bunaid, & nin do gait ás goma h-Aedh Gái é. Aedh Gnái, trí h-anmanna badar fair .i. Feidlimid & Aithinbhleith & Fergna. Da mac na dá Aithinbleith la Daíl Medruaidh .i. Aithinbleith mac Aedha Gnái & Aithinbleith mac Medrúaidh.
Aed Gnái Fer in gái lethain 'the Man of the broad spear', that is, a broad spear he owned, that is, broad-great lances he had. Aed Gnái was his original name, but n was taken out, so that it became Aed Gái. Aed Gnái had three names to wit, Fedlimid and Aithinbleith and Fergna. Two sons were the two Aithinbleiths at Dáil Medruaid, that is, Aithinbleith, son of Aed Gnái, and Aithinbleith, son of Medruad.
Aed Gnái Fer in gái lethain, « l’Homme de la large lance », c’est-à-dire qu’il possédait une large lance, ou encore, de grandes et larges lances. Aed Gnái était son nom originel, mais le n a été supprimé, si bien qu’il est devenu Aed Gái.Aed Gnái avait trois autres noms, à savoir : Fedlimid, Aithinbleith et Fergna. Deux fils étaient les deux Aithinbleith de Dáil Medruaid, c’est-à-dire : Aithinbleith, fils de Aed Gnái, et Aithinbleith, fils de Medruad.
🧾gae "lance" / dil.ie (consulté le 20/03/2026). 🧾lethan "vaste" / dil.ie (consulté le 12/02/2026). (celt. *litano- "vaste").
163
Conall Ech-LúathConall Ech-Lúath .i. Conall ech lúaidh .i. eich rolúaidhedh go minic intan ba h-óg.
Conall Ech-luath, that is, Conall Ech-luaid, i.e. horses (eich) he often drove (no luaided) when he was young.
Conall Echluath, c’est-à-dire Conall Ech-Luaid, c’est-à-dire « les chevaux qu’il menait souvent » quand il était jeune.
🧾ech "cheval" / dil.ie (consulté le 20/03/2026). (celt. *epo- "cheval") 🧾lúad "se déplacer, se mouvoir" / dil.ie (consulté le 20/03/2026).
164
Mac Táil .i. dalta sáir é, is aire isberthi Mac Táil fris. Cass in t-ainm bunaid, & dochóid in forainm tairis. Ocus a dúthcus ó senathair tucad Cass fair .i. ó Chormac Cass mac Oilella Oluim.
Mac táil was the fosterling of a wright. Therefore he was called Mac táil 'Son of Adze'. Cass was his original name, but the additional name superseded it. From his inheritance from his grandfather Cormac Cass, son of Ailill Ólomm, (the name) Cass was given him.
Mac Táil, c'est-à-dire « disciple remarquable », et on prenait grand soin de lui. Cass était son nom originel, mais le surnom supplémentaire l’a supplanté.Et de l’héritage reçu de son grand-père, il reçut le nom Cass, c’est-à-dire de Cormac Cass, fils d’Ailill Ólomm.
🧾daltae "fils adoptif, pupille, disciple" / dil.ie (consulté le 20/03/2026). 🧾sair "direction, orientation" / dil.ie (consulté le 20/03/2026). ⚠️sair peut-être liée à l’idée de droit / se dresser / orienter. Sémantiquement : direction → distinction → remarquable / digne. Dans Mac Táil .i. dalta sáir é, c’est ce dernier sens qui est pertinent. ⚠️La traduction anglaise (« charpentier », « hache ») ne reflète pas le texte original. Elle est purement interprétative: en se basant sur Táil supposé signifier « hache », le traducteur en déduit le métier du maître du disciple. Or, rien dans le texte original ne permet de justifier que Táil soit traduit par « hache ». ⚠️Táil ≠ hache, túag = hache.
165
Cormac Cás .i. Cormac crúaidh .i. ara chródhacht. Nó Cormac Cás .i. lúath, ar bá luáithin é 'ná cach nech ina aimsir, & deismirecht air día n-débairt arailiu cruitire ag foghlaim día dhalta 'seinn co cass é' .i. co lúath.
Cormac Cás, that is, Cormac the cruel, because of his cruelty. Or Cormac Cass, that is, swift, for he was swifter than anyone in his time. And (we have) an example of this word when a certain harper teaching his pupil said to him : "play it co cass", that is, quickly.
Cormac Cás, c’est-à-dire Cormac le sévère, à cause de sa « fermeté ». Ou bien Cormac Cás c’est-à-dire lúath « rapide », parce qu’il était plus rapide que quiconque de son temps, et excellait dans tout ce qu’il entreprenait. On donne un exemple de ce mot lorsqu’un certain harpiste, enseignant son élève, lui dit : 'seinn co cass é', c’est-à-dire « joue-le rapidement ».
🧾crúaid "sévère, strict" / dil.ie (consulté le 20/03/2026) (celt. *croudo- "dur, cruel). 🧾cródacht "dur, ferme, cruel" / dil.ie (consulté le 20/03/2026) (celt. *croudo- "dur, cruel"). 🧾lúath "rapide" / dil.ie (consulté le 28/02/2026) (celt. *lutu- "passion, ardeur, vigueur"). ⚠️Ce texte démontre que Mac Táil est bien un disciple remarquable, et que Cormac Cás son maître compétent, sans aucun outil ou artisanat implicite (voir entrée 164).
166
Fotharta .i. fúath arta .i. fuath (.i. dealb) dee, nam art deus dicitur, amail asberar Eochaid Finn Fúath n-Airt.
Fotharta, that is fuath arta 'form of a god', for art means 'deus', as is said Eochaid Find Fuath n-airt 'Eochaid the Fair of form divine' (θεόμορφος).
Fotharta, c’est-à-dire fuath arta, “forme d’un dieu”, car art signifie “dieu”, comme on le dit dans Eochaid Find Fuath n-airt, “Eochaid le Blond à la forme divine”.
🧾fúath "forme, ressemblance" / dil.ie (consulté le 20/03/2026). 🧾art "dieu" / dil.ie (consulté le 20/03/2026). 🧾foth "propriété, possession" / dil.ie (consulté le 20/03/2026). 🧾art "ours" / dil.ie (consulté le 20/03/2026) (celt. *arto- "ours"). ⚠️ Une lecture foth + art — “qui possède des ours” — paraît à première vue évidente. Cependant, des interprétations comme “forme de dieu”, “forme d’ours”, ou “propriété de dieu” restent toutes envisageables.
167
Eochaid Finn Fúath n-Aírt .i. fuáth (.i. delb) dé fair, ara cháimhe, ar is inánn art & deus (.i. día), ar bá fer cáin (.i. alaind) sochraidh intí Eochaid Finn. Nó Eochaid Finn Fuath n-Airt, ar bá fuáth lé h-Art mac Cuinn é, ó romharbh sé dá brathair Airt maic Cuinn .i. Connla & Crinna.
Eochaid Find Fuath n-airt, that is, a god's form upon him. (This was said) because of his loveliness: for art and deus 'god' mean the same. For Eochaid Find was a beautiful shapely man. Or Eochaid Find fuath n-Airt 'Art's hatred', for Art son of Conn hated him since he killed Connla and Crinna Art's two brothers.
Eochaid Find Fúath n-Airt, c’est-à-dire “la forme d’un dieu sur lui”, en raison de sa beauté : car art et déus signifient tous deux “dieu”. Eochaid Find était un homme beau et bien proportionné. Ou encore Eochaid Find Fúath n-Airt, “la haine d’Art”, car Art, fils de Conn, le détestait depuis qu’il avait tué Connla et Crinna, les deux frères d’Art.
📌 Voir entrée 166. 🧾fúath "haine" / dil.ie (consulté le 20/03/2026). 📌 Art = Art mac Cuinn.
168
Fiacha Súighthi .i. so-ghuithi ar bá h-urusa a etarghuidhe ara mhíne, & so-áentadhach é co sír, & bá suilbhir dogrés.
Fiacha Suigthi, that is, so-guiti 'easily entreated', for because of his gentleness it was easy to supplicate him; and he was constantly agreeable and always pleasant.
Fiacha Súighthi, c’est-à-dire so-guiti, “facile à approcher / à persuader”, car sa douceur rendait aisé de s’adresser à lui ; il était en outre toujours accommodant et agréable.
🧾so, su "bon, excellent, facile" / dil.ie (consulté le 20/03/2026) (celt. *su- "bon, bien). ⚠️guiti — “courage, audace” — n’est attesté que par le Cóir Anmann, sans autre occurrence dans les textes ou dans l'eDIL.
169
Deíssi .i. difoissi, ar ní bhói airissem forro fria ré chíana acht a m-beith for faeindel as cach inadh i n-arailiu. Nó Deíssi .i. duáisi, ar is a tinnscra mhná tucad dóib ferann iar techt de Mhuigh Breg .i. a tinnscra Eithne Uathaighe inghine Crimhthain, maic Énna Cheinnselaig, [ba dalta doib], ar is íat na Deísi ros-ail Eithne Uathaigh. Aengus mac Nadfráich rígh Muman, is é tuc dóibh in ferann forsa táit na Deísi indíu a tinnscra Eithne Uathaige.
Déissi, that is dí-ḟoissi 'unresting ones', since for long spaces of time they had no resting-place, but were wandering from one stead into another. Or Déissi, that is, duaisi 'gifts', for after they left Mag Breg land was given to them as a woman's dowry, that is, as the bride-price of Ethne the Horrible, daughter of Crimthann, son of Ende Cennselach, who was their fosterling, for 'tis the Déissi that reared her. Oengus, son of Natfraich, king of Munster, 'tis he that gave the Déissi, as the bride-price of Ethne the Horrible, the land on which they are now settled.
Deíssi, c’est-à-dire dí-fóissi — “les errants / sans attaches” — car ils n’avaient pas de lieu fixe et allaient d’un domaine à un autre. Ou Déissi, c’est-à-dire duaisi — “dons / dot” — car, après avoir quitté Mag Breg, des terres leur furent données comme dot de femme, c’est-à-dire comme dot d’Ethne Uathaigh, fille de Crimthann mac Énna Cheinnselaig, qui était leur pupille, puisque ce sont les Déissi qui l’avaient élevée. Aengus mac Nadfráich, roi de Munster, fut celui qui leur donna ces terres, correspondant à la dot d’Ethne Uathaigh, sur lesquelles les Déissi sont désormais installés.
🧾díḟoisse "instable, errant" / dil.ie (consulté le 20/03/2026). 🧾dúas "don, cadeau, dot" / dil.ie (consulté le 20/03/2026). 🧾déis "client, vassal" / dil.ie (consulté le 20/03/2026).
170
Eithne Uathach, cidh dia n-apar? Ni ansa. Intan rugsat na Déissi in ingin léo dia h-altrum, feóil lenum doberdís dí co m-bád praipi-ti nofoirbredh, ar is ina tinnscra dobhoí a cinnedh dóibh ferann & foistine d'faghbáil. Nó dono cinn lútaingén a clainne feissin do thescadh sí co m-bád suth[a]naidi íat. Ar nír' leígedh clann a tossach di. Doberdís na leinip fúath mór di arindí adhbar sin. Is aire sin tra isberar Eithne Uathach fría.
Ethne Uathach 'horrible', why so called? Easy to say. When the Déissi took the girl to rear her they used to give her the flesh of children (to eat) so that she might the more rapidly grow up (and be married). For it had been determined that they would get land and a settlement as her bride-price. Or, again, she used to cut off the ends of the little-fingers of her own children so that they might be the longer-lived: for at first no children were left to her, (but all died prematurely). For that cause the children felt a great horror for her. Wherefore she is called Ethne the Horrible.
Eithne Uathach, « l’Horrible », pourquoi ce nom ? C’est facile à dire. Lorsque les Déissi prirent la jeune fille pour l’élever, ils lui donnaient de la chair d’enfants à manger afin qu’elle grandisse plus rapidement et puisse être mariée. Car il avait été décidé qu’ils recevraient des terres et une demeure comme dot pour elle. Ou bien, elle avait l’habitude de couper les extrémités des auriculaires de ses propres enfants afin qu’ils vivent plus longtemps : car au début, aucun enfant ne lui survivait (ils mouraient tous prématurément). À cause de cela, les enfants éprouvaient une grande frayeur envers elle. C’est pourquoi elle est appelée Ethne l’Horrible.
Art Cearb .i. Art tesctha , nó cirrthi, namh cearb cirriudh dicitur, ar is cirrthi robhói. Is de bá h-Art Cea[r]b.
Art Cerb, that is, Art the maimed or lacerated, for cerb means laceration, and he was lacerated. Hence was (the name) Art Cerb.
Art Cearb, c’est-à-dire Art le mutilé ou le lacéré, car “cerb” signifie lacération, et il était lacéré. C’est de là que vient le nom Art Cearb.
🧾cerb "vif, pointu, coupant" / dil.ie (consulté le 27/03/2026). 🧾tesctha "coupé, mutilé" / dil.ie (consulté le 27/03/2026). 🧾cirrthe "défiguré, lacéré" / dil.ie (consulté le 27/03/2026).
172
Fiacha Tort .i. Fíacha bairghinach , nam tort bairghin dicitur, ar is é cétna las ra cummadh bairghin prius.
Fiacha Tort 'cake', that is, Fiacha the Cakey, for tort means 'cake', and of old he was the first by whom a cake was shapen.
Fiacha Tort c’est-à-dire Fiacha le boulanger, car “tort” signifie pain (ou miche), parce que c’est lui le premier chez qui le pain fut préparé.
🧾bairgenach "relatif au pain" / dil.ie (consulté le 27/03/2026). 🧾bairgen "pain" / dil.ie (consulté le 27/03/2026). 🧾tort "pain, galette, gâteau" / dil.ie (consulté le 27/03/2026).
173
Fíachra Tuirtri in fear cétna. Is é ronaisc tortgabháil Conailli Muirthemni fó h-Erinn.
Fiacha Tuirtri, the same man. Tis he that fastened throughout Erin the tortgabáil (cake-taking?) of Conaille Muirthemne.
Fiacha Tuirtri, le même homme. C’est lui qui établit à travers l’Irlande la tortgabháil (“prise de tort”, c’est-à-dire prise de pain ?) des Conaille Muirthemne.
Laighin cidh día n-apar? Ni ansa. Ona laighnibh lethanghlassaibh tugsat na Dúbhghaill léo a n-Erinn, muinnter Labradha Loingsigh dia tangadur máraen ré Labhraidh co tech Cobthaigh Cháil a nDinn Righ . Dá cét ar fichit cét Gall a lín. Romarbad tra intí Cobhthach Cáel léo, & ro h-ortadh in ríghrad. Ocus is óna laighnibh lánmhóra tugsat intan sin isberar Laighin fríu ó sin alle. Día n-débairt in fili:
Da cét ar fichit cét Gall co laighnibh lethna léo anall, dena laighnibh sin gin ail díbh rohainmnighthea Laighin.
Laigin 'Leinster', why is it said? From the broad blue lances which the Black Foreigners, Labraid Loingsech's people, brought into Ireland, when they came along with Labraid to Cobthach Coel's house at Dind Ríg. Two thousand two hundred foreigners was their number. So Cobthach Coel was killed by them and the kings were destroyed. And from the huge lances (laigin) which they brought at that time they are called Laigin 'Leinstermen' thenceforward. Whereof the poet said:
Two hundred and two thousand foreigners Having broad lances (came) hither. From those lances without reproach They were called Laigin.
Laighin Où étaient apparus les Laighin ? — Pas ici. Des Laighin des régions étendues, les Dúbhghaill les amenèrent avec eux en Éirinn. Le peuple de Labradha Loingsigh les saisit pour qu’ils soient en paix avec Labhraidh, près de la maison de Cobthaigh Cáel dans la forteresse royale. Il y avait deux cents et vingt cents Galls (2.200 hommes). Alors Cobhthach Cáel les rencontra et leur imposa sa suzeraineté. Et c’est des Laighin de ces territoires étendus qu’on les remit ensuite, et c’est de là que les Laighin sont appelés depuis lors. Le poète déclare ensuite :
Il y avait deux cents et vingt cents Galls. Ils vinrent avec eux des Laighin des régions étendues. Parmi ces Laighin, aucun autre. On ne les appelait pas autrement que Laighin.
🧾dá "deux" / dil.ie (consulté le 12/02/2026) (celt. *duo- "deux"). 🧾cét "cent" / dil.ie (consulté le 13/03/2026) (celt. *canto- "cent"). 🧾fiche "vingt" / dil.ie (consulté le 27/03/2026).
175
Labraidh Loingsech .i. robói sein for longais (.i. indarba) co fada iarna innarba ó Chóbhthach Cháel. Labraid Ollda a ainm a tossaigh. Labraidh Maén iar suidhiugud. Labraidh Loingsech íarsin ó doluidh forsin longais. s. qui l. IS de sin isrubhairt Fercertne fili:
Labraidh Loingsech, Ollda, Máen, mac do Ailill Aíne aén.
Labraid Loingsech 'the Exile'. That is, he continued in longas 'banishment' for a long time after he had been banished (from Ireland) by Cobthach Coel. Labraid Ollda 'great' was his name at first. Labraid Maen 'dumb' after settling. Labraid Loingsech 'exile' after that, when he went into banishment. S(udet) q(ui) l(egat)! 'Tis of him that the poet Ferchertne said:
Labraid (called) Loingsech, Ollda (and) Maen, Son of unique Ailill Áine.
Labraidh Loingsech “l’Exilé”. C’est-à-dire qu’il resta en longas (exil / bannissement) pendant longtemps après avoir été banni (d’Irlande) par Cobhthach Cáel. Labraid Ollda “le Grand” était son nom au début. Labraid Maén “le Muet” après son installation. Labraid Loingsech “l’Exilé” ensuite, lorsqu’il partit en exil. Comme le rapporte le poète Ferchertne :
Labraid appelé Loingsech, Ollda et Maén, fils unique d’Ailill Áine.
🧾loingsech "exilé" / dil.ie (consulté le 27/03/2026). 🧾loinges "exil" / dil.ie (consulté le 27/03/2026). 🧾long "navire" / dil.ie (consulté le 27/03/2026) (celt. *longo- "navire). ⚠️ Pour un insulaire irlandais, être exilé ou banni signifiait presque toujours quitter l’île par la mer, d'où le glissement sémantique long "navire" → loingsech "exilé" → loinges = "exil". 🧾oll "grand" / dil.ie (consulté le 07/02/2026) (celt. *ollo- "grand). 🧾maen "muet" / dil.ie (consulté le 27/03/2026)
176
Laeghaire Lorcc .i. Laegaire garg, nam lorcc garg dicitur. Nó lorc .i. sladach . Lurcos enim dicitur .i. rapax deuorator . Laegaire Lorcc tra .i. finghalach .i. fingal doríghnedh fair & dorinne for nech. Nam lorcc .i. finghal. Ar is é Laegaire domharbh Badhbchadh mac Echach Búadhaigh ag cosnamh ríghi n-Erenn fris & Cobhtach Cáel mac Ugaine meic Echach Búadhaigh issé romharbh Láegaire Lorc ag cosnam na ríghe fris. Mac rucadh do Laegaire Lorc .i. Ailill. Is ann genair sén, oc Tipraid Da Ech n-Aine, Is de bói dósom Ailill Aíne do rádh friss.
Loegaire Lorc, that is Loeguire the Fierce, for lorc means 'fierce'. Or lorc 'rapacious', for (the Latin) lurco means 'rapax deuorator'. Loegaire Lorc, then, i.e. parricidal, for lorc (also) means 'parricide', and Loegaire killed Badbchad, son of Eochaid the Victorious, when contending for the kingship of Erin with him and Cobthach Coel, son of Ugaine, son of Eochaid the Victorious, 'tis he whom Loegaire Lorc killed when contending with him for the kingship. A son, namely Ailill, was born to Loegaire Lorc, and his birthplace was Tipra da ech Áine 'the Well of Áine's two steeds'. Hence he was called Ailill Áine.
Loegaire Lorc, c’est-à-dire Loegaire le Féroce, car lorc signifie « féroce ». Ou encore lorc = rapace, puisque le latin lurco signifie « rapax, dévoreur ». Loegaire Lorc, donc, c’est-à-dire parricide, car lorc peut aussi signifier « parricide » : Loegaire tua Badbchad, fils d’Eochaid le Victorieux, lorsqu’il rivalisait avec lui et avec Cobthach Céel, fils d’Ugaine, fils d’Eochaid le Victorieux, pour la royauté d’Irlande. C’est lui que Loegaire Lorc tua en cette lutte pour la couronne. Un fils naquit de Loegaire Lorc, nommé Ailill, et son lieu de naissance était Tipra da Ech Áine (« le Puits des deux chevaux d’Áine »). C’est de là qu’on l’appela Ailill Áine.
🧾lorc "surnom de Láegaire" / dil.ie (consulté le 27/03/2026). ⚠️ Le terme lorc n’est documenté que dans ce texte, qui en propose par ailleurs plusieurs interprétations.
177
Oilill Braccáin cidh día tá?
Ailill Braccáin, whence is it?
Oilill Braccáin, qui était-il ?
178
Aengus Ollum .i. ollum a filedacht eissium, & bád rígh Erenn íarsin. Is de sin isberar Aenghus Ollam.
Oengus Ollam. He was an ollam 'doctor' in poetry, and afterwards king of Erin. Hence he was named Oengus Ollam.
Aengus Ollum, c’est-à-dire qu’il était un sage en poésie, et qu’il devint ensuite roi d’Irlande. C’est de là qu’on l’appelle Aengus Ollam.
🧾ollam "sage, plus haut grade des fili" / dil.ie (consulté le 27/03/2026).
179
Fergus Fortamhail .i. bát láechdha fortill in fer sin fri cach n-aén nóthegmadh fris.
Fergus Fortamail 'prevailing'. That man was heroic (and) prevailing as regards every one who chanced (to come) against him.
Fergus Fortamhail c’est-à-dire qu’il était un homme de grande prévalence, capable d’affronter tout homme qui se mesurait à lui.
🧾fortamail "fort, puissant, prévalant" / dil.ie (consulté le 27/03/2026).
180
Féidlimid Forthren .i. ba niadh (.i. tren) in cach cath & a cuibhlengaibh Erenn eissium.
Fedlimid Forthrén 'mighty'. He was a champion, i.e. aliant, in every battle and in Erin's contests.
Féidlimid Forthren, c’est-à-dire qu’il était un guerrier, un champion courageux (niadh / tren) dans chaque bataille et dans toutes les factions de l’Irlande auxquelles il appartenait.
🧾nia "guerrier, héros" / dil.ie (consulté le 13/03/2026). 🧾tren "fort" / dil.ie (consulté le 27/03/2026) (celt. *treno- "courageux).
Traduction française par nos soins d'après la version bilingue de W. Stokes (1891).
Sources: • X. Delamarre, (2003) - Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, Paris, 440p.
• X. Delamarre, (2019) - Dictionnaire des thèmes nominaux du gaulois (I. Ab- / Ixs(o)-), Les Cent Chemins, 398p.
• X. Delamarre, (2023) - Dictionnaire des thèmes nominaux du gaulois (II. Lab- / Xantus), Les Cent Chemins, 570p.
• F. Le Roux - Ch.-J. Guyonvarc'h, (1986) - Les Druides, Ouest-France, 448p.
• W. Stokes, (1895) - "Coir Anmann (The Fitness of Names)"; Revue Celtique, n° 16, pp. 461–
• W. Stokes, (1897) "Cóir Anmann (texte irlandais)". Irische Texte mit Wörterbuch, Dritte Serie, Heft 2. Leipzig, Verlag von S. Hirzel, pp. 288–411.497
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique