Solimarus — Anthroponyme masculin attesté sur treize inscriptions (ainsi que sur des estampilles de potiers), réparties dans plusieurs provinces de l’Empire romain : de Gaule aquitaine (2 occurrences), de Gaule lyonnaise (1 occurrence), Gaule narbonnaise (5 occurrences), de Germanie inférieure (1 occurrence), Germanie supérieure (2 occurrences), du Norique (1 occurrence) et de Maurétanie (1 occurrence). Selon Delamarre (2003), il s’agirait d’un nom gaulois, formé à partir de *soli- / *suli- (« la bonne vue ») et de *-mãros (« grand »), le composé possessifinversé *soli-mãros pouvant ainsi se traduire par « à la grandevue ». En 2007, le même auteur ne propose plus d’interprétation pour l’étymon *soli- (Delamarre, 2007). En 2023, il en modifie de nouveau l’analyse, en attribuant à *soli-, qu'il distingue de *suli-, le sens de « gain, profit, bénéfice », d’où une interprétation du composé comme « Au grand bénéfice » (Delamarre, 2023). Cette lecture s’inscrit dans le prolongement de celle proposée par Lambert (2008), qu’elle rejoint sur le plan sémantique et typologique. Ce dernier sens s’accorde particulièrement bien avec une divinité telle que Solimara. Les variantes Solimara (anthroponyme), Solimara (théonyme), Σολιμαριος (Solimarios) et Solimarius sont également attestées.
À Bordeaux (Gironde), une première épitaphe mentionne un individu portant ce nom. Le Solimarus qui y est mentionné appartenait à une famille pérégrine ; il était le père de la défunte Cintugena et le beau-père de Cinto (CIL XIII, 693).
Sur une épitaphe provenant de Saint-Lizier (Ariège), un autre individu portant ce nom est attesté. D'après ce document, Solimarus était le père de Modestus, lequel donna son accord à Iulia Dannoesa pour l'édification d'un monument funéraire pour Iulius Laetus, son fils (AE 1974, 424).
Saint-Lizier (AE 1974, 424) IVLIO C(AI) F(ILIO) LAETO IVL(IA) DANNOESA MATER FECIT ARBITRATV MODESTI SOLIMARI F(ILII?)
"À Iulius Laetus, fils de Caius. Iulia Dannoesa, sa mère, a fait (ce monument) avec l'accord de Modestus, fils de Solimarus."
Une inscription découverte en 1873 dans le jardin de l’ancienne abbaye de Port-Royal, à Paris, mentionne un autre individu portant ce nom. Le dénommé Solimarus y apparaît comme le père de Geminius, le défunt (CIL XIII, 3037).
Paris (CIL XIII, 3037) GEMINIVS SOLIMARI F(ILIVS) VESTIARI(VS) H(IC) S(ITVS)
"Geminius fils de Solimarus, tailleur, repose ici."
Sur une inscription découverte à Valeuil (Martigues, Bouches-du-Rhône), le dénommé Solimarus n'est mentionné que par rapport à sa fille, Vercilla. Tous deux étaient pérégrins (CIL XII, 652).
Valeuil (Martigues) (CIL XII, 652) VERCILLA SOLIMARI F(ILIA) IN [SVO(?)]
"Vercilla, fille de Solimarus, sur [son (domaine) ...]."
Une inscription funéraire de Narbonne (Aude) mentionne un dénommé Lucius Falius Solimarus. D'après ce texte, cet homme était l'affranchi d'un certain Lucius Falius, tout comme l'une des deux autres personnes mentionnées, Lucius Falius Atticus (CIL XII, 4812).
"Mort, Lucius Falius Solimarus, affranchi de Lucius. Vivante, Falia Puppa, affranchie de Sextus. Vivant, Lucius Falius Atticus, affranchi de Lucius. En profondeur, quel que soit le sens, 15 pieds." "Mort, Lucius Falius Solimarus, affranchi de Lucius. Vivante, Falia Puppa, affranchie de Sextus. Vivant, Lucius Falius Atticus, affranchi de Lucius. En profondeur, quel que soit le sens, 15 pieds."
Une épitaphe incomplète relevée sur un monument funéraire de Brignon (Gard) mentionne une nouvelle occurrence de ce nom, dans une famille pérégrine. Solimarus, le défunt, y est mentionné comme ayant été le fils de Leiturro (CIL XII, 2921).
Sur une première épitaphe provenant de Nîmes (Gard), le dénommé Solimarus est mentionné aux côtés de ses descendants, tous pérégrins. Il était le père de Baebius et le beau-père de Iulia, mais aussi le grand-père de Cintugnatus, Messinus et Quintulus (AE 1990, 695).
"À Baebius (fils de) Solimarus et à Iulia, son épouse. Cintugnatus, Messinus (et) Quintulus, leurs fils (ont érigé ce monument)."
Sur une deuxième épitaphe provenant de Nîmes, un autre individu de ce nom est mentionné. Dans ce dernier cas, Solimarus semble avoir été le commanditaire d'un monument funéraire pour Sextus Adcennus, un homme avec lequel il avait un possible lien de parenté (ILGN 439).
Nîmes (ILGN 439) S(EXTO) ADCENNO [SO]LIMARVS
"Sextus Adcennus. Solimarus (a érigé ce monument)."
À Tongres (Province de Limbourg, Belgique), le dénommé Solimarus était le père de Capitus et l'oncle de Secundus. Sans la moindre certitude, notons qu'il est fort possible qu'il ait été le fils de Caratus et le frère de Titus (AE 2015, 953).
"Capito, fils de Solimarus, (et) Secundus, fils de Titus, petits-fils de Caratus, de leur vivant, ont posé (ce monument)."
Province de Germanie supérieure
• Un "Lingaustre" (Lingon?) chez les Trévires (Mogontiacenses)
Une inscription funéraire provenant de Mayence (Rhénanie-Palatinat, Allemagne) fournit une nouvelle attestation de ce nom. D'après celle-ci, Solimarus était un possible Lingaustre (ou plus prudemment un Lingon?), qui était le père de Togitio, le défunt (CIL XIII, 7034).
Un autre Solimarus a été identifié sur une inscription de Heddernheim / Praunheim (Francfort-sur-le-Main, Hesse, Allemagne). Cet homme était un militaire, servant dans la cohorte IIII Vindelicorum. Alors qu'il se trouvait au niveau de l'antique Nida, il a dédié une inscription votive à des divinités non-identifiées (CIL XIII, 7331).
"Aux divinités So[...]. Solimarus, militaire dans la cohorte IIII Vindelicorum, sur leur ordre, de bon gré, avec plaisir, comme il se doit, s'est acquitté (de son voeu)."
Une inscription très fragmentaire, exhumée à Wallsee (Wallsee-Sindelburg, Basse-Autriche, Autriche), mentionne visiblement les noms de plusieurs membres d'une même famille. Seul le nom de Solimarus y est encore clairement lisible (AE 2018, 1253).
"[...] âgé de 30 ans, repose ici. [...]sencius [...], fils de [...], âgé de [...] ans, [...] Solimarus [...] âgé de [...]."
Province de Maurétanie
Plusieurs personnes portant des noms celtiques ont été identifiées sur divers monuments funéraires de Cherchell (Wilaya de Tipaza, Algérie). Un dénommé Solimarus figure dans ce corpus, où il est mentionné comme ayant été le père d'un soldat défunt, ayant servi dans l'un des escadrons d'une aile de cavalerie stationnée dans ce secteur (CIL VIII, 21046).
"[...], fils de Solimarus, [...] de l'escadron de [...], qui vécut 30 ans [...], conformément à son testament, ses héritiers ont posé (ce monument) [...], raccommodeur et [...]."
Sur instrumentum
• Marques de potiers
Des estampilles de potiers, relevées sur des tessons de sigillées découvertes à Orléans (Loiret) et à Sisak (Comitat de Sisak-Moslavina, Croatie), mentionne ce nom. Aucun élément ne permet d'affirmer que ces sigillées furent l'oeuvre d'un même auteur, impliquant donc que plusieurs potiers ont probablement porté le nom de Solimarus.