Le royaume de Tylis — État celtique fondé en Thrace vers 279 av. J.-C. par le roi Comontorios, à la suite des mouvements issus de la « Grande Expédition » vers la Grèce. Il s’organise autour d’une ville éponyme, Τύλις, généralement identifiée avec l’actuel Tulovo, en Bulgarie (province de Stara Zagora). Implanté dans une position stratégique, ce royaume permet aux groupes celtiques d’exercer une pression sur les cités voisines, notamment Byzance, à laquelle ils imposent des tributs, comme le rapporte Polybe (Histoire générale, IV, 46). Toutefois, cette situation évolue au cours du temps : les Celtes de Tylis s’intègrent progressivement dans les équilibres régionaux et participent à une forme de stabilisation politique. Polybe mentionne ainsi qu’à la fin du IIIᵉ siècle av. J.-C., leur dernier roi, Cavaros, joue un rôle de médiateur entre les Thraces, Prusias de Bithynie et Byzance (Histoires, IV, 52 ; VIII). Le royaume finit néanmoins par disparaître sous les coups des Thraces, entre 218 et 212 av. J.-C., peut-être aggravés par l’influence néfaste du conseiller Sostrate de Chalcédoine, également évoquée par Polybe.
Polybe, Histoire générale, IV, 46 : "Mais le comble de leur (les Byzantins) malheur fut la descente que firent les Galates dans leur pays, sous la conduite de Comontorius. Ces Galates étaient du nombre de ceux qui, sous Brennus, étaient sortis de leur pays, et qui, s'étant échappés du péril dont ils étaient menacés à Delphes, s'enfuirent vers l'Hellespont, où ils s'arrêtèrent. Les environs de Byzance leur parurent si délicieux, qu'ils ne pensèrent point à passer en Asie.Ils se rendirent ensuite maîtres de la Thrace, et ayant établi le siège de leur empire à Tylis, ils réduisirent les Byzantins aux dernières extrémités. Dans la plus ancienne irruption que fit Comontorius, le premier de leurs rois, les Byzantins lui donnèrent tantôt trois, tantôt cinq, tantôt dix mille pièces d'or pour empêcher qu'il ne fit du dégât sur leurs terres. Enfin la somme alla jusqu'à quatre-vingts talents par an, qu'ils payèrent jusqu'à la chute de cette monarchie, laquelle arriva sous Cavarus. Les Galates tombèrent à leur tour sous la puissance des Thraces, qui ne firent quartier à aucun, et qui en éteignirent entièrement la race."
Polybe, Histoire générale, IV, 52 : "C'est alors que Cavarus, roi des Galates, se rendit à Byzance avec l'intention de faire cesser la guerre ; il offrit sa médiation et fit si bien que Prusias et les Byzantins acceptèrent l'arrangement qu'il proposait. En apprenant l'intervention de Cavarus et l'acquiescement de Prusias, les Rhodiens voulurent en profiter pour arriver, eux aussi, à leurs fins ; ils envoyèrent en ambassade à Byzance Aridicès, escorté par Polémoclès avec trois trières, pour offrir à l'ennemi la guerre ou la paix. Dès leur arrivée, la paix fut conclue ; le grand prêtre de Byzance était alors Cothon, fils de Calligiton."
Polybe, Histoire générale, VI (fragm.) : "Cavarus, chef des Galates qui habitaient la Thrace, pensait noblement et avait des sentirons dignes d'un roi; il fit en sorte que les marchandises pussent naviguer sur le Pont-Euxin sans courir de dangers, et fut d'un grand secours aux Byzantins pendant les guerres qu'ils eurent à soutenir contre les Thraces et les Bithyniens."
Polybe, Histoire générale, VI (fragm. trouvé dans Athénée, VI, 13) : "Polybe, dans le huitième livre de son Histoire, rapporte que Cavarus le Galate, qui était, du reste, un homme vertueux, fut perverti par Sostrate de Calcédoine, son conseiller."
Sources: • Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique