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Vous êtes dans : Etude de la civilisation celtique antique > / 2 - La société celtique
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C - Les Celtes et la guerre (2/2)
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C - Les Celtes et la guerre (1/2)

Les combats, les guerriers et leur équipement

Les combats permettent de délier les petits et les gros conflits. Ainsi, ils vont des petites querelles aux grandes batailles. L'élite du peuple, généralement les grands propriétaires, conduit les troupes à la bataille et est chargée sur le champ de bataille de protéger le chef ou le roi. L'apparence des guerriers est d'une grande importance. Polybe décrit la bataille de Telamon, en 225 av. JC, qui fut une échec pour les Celtes : "Les hommes sont nus au premier rang, ceux des premières lignes sont parés de colliers et de bracelets d'or". Ainsi, il semble que les Celtes combattent nus, se peignant parfois le corps avec de la teinture bleue pour impressionner leur adversaire ! Ils brandissent également des gonfanons, enseignes de guerre formées par une sorte de bannière quadrangulaire et fréquemment représentée sur les monnaies gauloises. Les enseignes sont également des emblèmes militaires constitués vraisemblablement par des statuettes d'animaux, plus particulièrement de sangliers, portées sur une longue hampe. Ces enseignes sont connues par les représentations antiques, notamment les trophées d'armes celtiques. Certaines statuettes ont des dispositifs de fixation qui semble indiquer cette utilisation.

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Statue de guerrier en bronze - IIème ou Ier siècle av JC - Oise

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Char à deux roues

 

Les chevaux sont très importants lors des combats. Ils n'ont pas d'étriers, sont montés par les chevaliers mais servent aussi à tirer les chars. Le chef est généralement sur un char rapide à deux roues mais pour combattre avec honneur, il descend de ce char et ses guerriers font de même.

Les soldats utilisent des trompettes (carnyx) dont le son est puissant et discordant. Ces trompettes ont pour rôle d'effrayer l'ennemi. Strabon, géographe grec antique, décrit le point faible des Celtes lors des combats : "Ils se ruent dans la bataille sans se dissimuler et sans regarder ni à droite ni à gauche". Il suffit alors de provoquer leur colère dans un endroit désiré pour qu'ils "foncent" et tombent dans le piège.

 
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Au niveau de l'équipement du guerrier, il se compose de lances, d'épées, de poignards, de boucliers, de casques et de temps en temps d'armures à mailles métalliques. Nous détaillerons plus tard ces armes. Ces armes sont aujourd'hui retrouvées dans les tombes. Parfois, elles sont pliées ou cassées en plusieurs morceaux de manière à leur oter leurs valeurs et leurs symboles. Plus les armes sont impressionnantes et décorées, plus son propriétaire jouit d'un statut social élevé. Certaines sont offertes en offrande aux puissances surnaturelles (elles ne peuvent pas servir car étant trop fragiles !). Généralement, les armes sont en fer ou en bronze, parfois en or avec des inscrustations de corail, d'ivoire, d'ambre, ce qui confirme la qualité du réseau de distribution. Elles sont considérées comme des objets personnels et ne sont donc prétées. A la mort du guerrier, elles sont enterrées avec le défunt.

Les armes offensives

  • L'épée et son fourreau

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Epées en fer

 

Réservée à une élite du peuple au début du second âge du fer, l'épée se répand et devient ensuite un objet standard de la panoplie du guerrier. Du fait d'une utilisation de plus en plus courante, la forme de l'épée se modifie. A l'origine courte et effilée (quelques décimètres), l'épée s'allonge vers la fin du VIème siècle avant JC pour devenir plate et longue, dépassant parfois le mètre de longueur. Le bout de la lame subit lui aussi une transformation et sdevient arrondi.

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Poignard en fer - Charente - Ier siècle av JC

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Fourreau d'épée en bronze - IIIème siècle av JC - Londres

L'épée est en fer car les Celtes manient très bien cette matière. De ce fait, elle est d'une qualité irréprochable et crainte par de nombreux peuples en même temps qu'admirée. Elle est davantage conçue pour trancher que pour porter des coups. Ces épées sont imitées et exportées en Corse et dans certains peuples italiques.

La soie est séparée de la lame par une petite pièce indépendante en fer. Cette lame est généralement simple, contrairement à la poignet et au fourreau qui possèdent de nombreuses décorations, en particulier des symboles astraux. Le plus souvent, la poignée est en matière périssable. D'après les nombreuses fouilles et les oeuvres des auteurs antiques, on sait maintenant que le guerrier celte porte l'épée dans son fourreau sur son côté droit. Cependant, il peut aussi la porter à hauteur d'épaule si celle-ci est longue.

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Exemple de motifs pouvant décorer un fourreau

La longue épée de taille et d'estoc, arme par excellence des guerriers celtiques laténiens, est portée dans un fourreau généralement en bronze. Cependant, les premiers sont métalliques, ornés simplement et ressemblent à de pâles copies des fourreaux en cuir, notamment au niveau des motifs. Le fourreau est constitué de deux plaques, l'une positionnée par dessus l'autre et fixée à cette dernière sur la face arrière par une chape qui peut-être décorée. La plaque de droit (exceptionnellement la plaque de revers) présente souvent une ornementation gravée, repoussée ou estampée : la paire de "dragons" emblématiques, disposée sous l'entrée du fourreau, est la plus répandue. Les décorations indiquent le rang social du propriétaire. Elles peuvent également représenter des batailles, et possèdent des sens religieux censés éloigner le maléfique.

  • L'arc

On trouve très peu de traces d'arc chez les Celtes, sauf dans quelques tombes. Si l'arc est utilisé par les Celtes, son utilisation semble réduite à la chasse.

  • Les armes de jets (lances, javelots, frondes...)

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Lance en fer

 

En revanche, les armes de jets sont omniprésente chez le guerrier. L'évolution de ces armes est un peu la même que celle de l'épée. Les armes de jets deviennent aussi d'usage courant dans la panoplie du guerrier qui est désormais équipé d'une épée, d'une lance, de deux javelots, éventuellement d'une fronde, d'un bouclier et d'un casque dont nous reparlerons un peu plus tard.

Comme les épées, les armes de jets s'allongent, infligeant d'énorme dégats et s'ornent de motifs au fur et à mesure du temps. Toutefois, elle restent peu décorée, mais les motifs sont remarquables lorsqu'elles le sont.

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Lance (fer, bronze) - Londres - Fin du Ier siècle av JC




Les armes défensives

  • Le casque

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Casque (fer, bronze, or, argent, corail - Agris

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Casque en bronze - Londres

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Casque en bronze - Doubss

Le casque est la seule arme défensive vraiment portée par les Celtes. Le plus souvent, il est fait en bronze. Certains cependant échappent à la règle et sont en fer. Par la suite il est surmonté d'une pointe plus ou moins haute. A l'arrière du casque se trouve un couvre-nuque. Sur les côtés, on trouve parfois des pièces en métal servant à protéger les joues (paragnathids?).

Les casques aussi sont ornés de magnifiques décorations. Les plus beaux d'entre euxs sont probablement réservés à une élite guerrière. Les cornes représentent la férocité et la virilité. Par la suite, la forme des casques se modifie. Ils deviennent moins hauts, moins élancés, aboutissant parfois à de simples calottes hémisphériques en fer ou en bronze.

A côté de tous ces casques métalliques, il existe sans doute des calottes en cuir qui, avec le temps disparaîtront.

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Casque (bronze, or, fer, émail) - Anfreville sous les monts

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Casque en fer - IIIème siècle av JC - Roumanie

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Casque (fer, bronze, corail) - fin IVème siècle av JC - Canosa

  • La cotte de mailles et la cuirasse

Il semble en fait que les Celtes ont transmis la cotte de mailles aux Romains, et non l'inverse. Pourtant, très peu de traces de cottes de mailles sont retrouvées dans le monde celtique. Elles sont rares car probablement très chères de fabrication. Il en va de même pour les cuirasses métalliques. Elles apparaissent véritablement à la fin de l'âge du fer. Cependant, comme pour les casques, il existe sans doute des cuirasses en matière périssable (comme le cuir par exemple) qui disparaissent sans laisser de traces...

  • Le bouclier

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Habillage de bouclier (bronze, émail) - Londres

Le bouclier est sans aucun doute l'élement essentiel de défense du guerrier celte. Ces derniers l'utilisent parfois lors de batailles en frappant l'épée dessus : le bruit provoqué mélé à leurs chants et cris de guerre est un moyen certain d'impressionner l'ennemi.

On ne retrouve aucune pièce métallique de bouclier avant le IIIème siècle avant JC, il devait alors être en matière organique. A partir de cette période, la forme rectangulaire ou ovale et allongée du bouclier semble être fixée. Sa hauteur est d'environ un mètre. Il est alors composé le plus souvent de trois planches de bois, assemblées soit par de la résine, soit par un ensemble de clous et de chevilles de bois. Le tout peut être recouvert de feutre de laine.

Très souvent, le bouclier est renforcé d'éléments de fer, en particulier l'umbo qui protège la partie centrale, à l'endroit où est fixée la poignée qui permet de le tenir et de le manipuler. Le bouclier en lui-même est peu décoré, mais cet umbo métallique est quelques fois orné de motifs.

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Bouclier en bronze - IIème Ier siècle av JC

  • La trompette (carnyx)

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Carnyx

Le carnyx n'est pas une arme, mais une trompette de guerre utilisée verticalement et qui sert à effrayer l'ennemi. C'est un long tube de bronze terminé par un pavillon généralement en forme de hure de sanglier, symbole de la combativité et de l'invincibilité. Parfois, il est en forme de tête de loup ou encore en forme de tête humaine qui semble grommeler.

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Monnaie (argent)

Les bâtiments (construction)

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Nous ne sommes pas réellement sûr de la "celticité" des forts celtiques. En effet, leur date de construction reste incertaine. Ils ont peut-être été bâti par les prédecesseurs des Celtes, ceux qui ont levés la plupart des mégalithes qui parsèment l'Europe de l'ouest (voir rubrique symbolisme/mégalithes de ce site). Quoi qu'il en soit, ils sont utilisés par les Celtes et sont "celtisés".

(Pour de plus amples informations, attendre la mise à jour ou consulter le site de l'Encyclopédie celtique, rubrique ressources).

En construction: III II siècle BC =>menace des romains et des germains =>construction de grands villages fortifiés (climat d'insecurité)

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Forteresse de Maiden Castle, Dorset, Angleterre

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Fort celtique Dùn Aengus (Dùn Aonghasa), sur l'île d'Inishmore (Inis mor), au large de Galway dans le Connemara
 
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Fort celtique Dùn conchùir (Dùn Cunchuibhùir) sur l'île de Inishmaan (Inis meàin)

Tactiques de combat

  • Sur une place forte

Les Celtes se font souvent la guerre, par conséquent, les moyens de défenses des bâtiments doivent être prévus pour des attaques surprises violentes. Nous avons vu que les oppida ont de hauts remparts. Des fossés profonds s'y ajoutent, rendant les assauts encore plus difficiles. Ainsi, les Romains, plutôt que de lancer une attaque qu'ils risquent de perdre préfèrent souvent assiéger le fort. Au terme d'un siège long, la population manque de vivres et d'eau, et doit se rendre. C'est ce qui c'est passé lors du siège d'Alésia avec Vercingétorix. Cependant, les Celtes se battent le plus souvent entre eux. Ils n'utilisent pas alors la tactique des Romains, et préfèrent se ruer directement sur les fortifications ennemis, surtout sur les portes qui sont le point faible de la défense. Ils peuvent aussi dresser des tours en bois qui permettent de mieux dominer l'adversaire. Les assiégés, derrière les pallissades, en haut de leurs remparts, jettent des pierres et des lances.

  • En terrain découvert

La tactique des Celtes au début d'un affrontement est de faire le plus de bruit possible en soufflant dans les carnyx et en tapant sur leurs bouliers (un peu comme les C.R.S aujourd'hui...). Ils déchainent leur fureur guerrière avant le début du combat de manière à destabiliser l'ennemi. Les cavaliers s'avancent devant l'adversaire en l'insultant et en jetant des lances dans sa direction. Ceux qui sont sur des chars descendent parfois pour livrer bataille au sol. Enfin, l'infanterie donne l'assaut. Après le fin du combat, certains prisonniers sont fait esclaves mais la plupart sont décapités (cf culte de la tête).



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