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Vous êtes dans : Etude de la civilisation celtique antique > / 2 - La société celtique
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C - Les Celtes et la guerre (1/2)
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B - Spiritualité et mythologie

Calendrier celtique

  • L'année celtique

D'après le calendrier de Coligny, l'année celtique comporte douze mois, sous-divisés chacun en deux quinzaines. Le premier mois de l'année est samonios (l'équivalent de début novembre) et le dernier est cantlos (équivalent de fin octobre). L'année est divisée en deux périodes : une période sombre et hivernale, qui va donc de samonios (début novembre environ) à cutios (fin avril environ) et une période claire et estivale qui va de giamonios (début mai environ) à cantlos (fin octobre environ). Le fondement du calendrier celtique est lunaire. Selon César, les Gaulois mesurent la durée non pas au nombre de jours, mais au nombre de nuits. Il est impossible d'établir une correspondance régulière entre le calendrier de l'époque et notre calendrier actuel : toute date de notre calendrier aura dans celui celtique une valeur différente d'année en année et ne retrouvera une valeur identique que de manière cyclique tous les 19 ans !

  • Les fêtes

Nous venons de le voir, l'année celtique est décomposée en deux saisons : l'été et l'hiver. Il faut savoir que si l'année peut avoir quatre portes possibles, le temps ne peut en avoir que trois : passé, présent et avenir, symbolisé par trois principales fêtes Samain, Beltaine, Lugnasad. Ces trois n'avaient pas la même importance : Samain était, de loin la plus importante, puis viens Beltaine et enfin, Lugnasad. Ainsi, l'hiver, la saison froide et sombre débute par Samain, tandis que l'été, la saison claire et chaude, débute par Beltaine. On peut remarquer que cette organisation convient à un peuple d'origine nordique.

Toutes ces fêtes sont - principalement - paysannes et agricoles, tout du moins ce sont les aspects qui ont subsisté aujourd'hui dans le folklore car l'ancienne classe sacerdotale, détentrice de la tradition a disparu. Ainsi, on peut constater que certaines de nos fêtes chrétiennes ou laïques reprennent le calendrier celtique. Voici les quatres principales :

  • Samain (ou Samonios) signale la fin de la saison claire (l'été) et le début de la saison sombre (l'hiver), donc de la fin des hostilités. Elle se déroule aux environs du 1er novembre. C'est la fête totale et trifonctionnelle, regroupant alors les trois classes : sacerdotale, guerrière et artisanale (productrice). Elle est la date de presque tous les événements mythiques, n'appartenant ni à l'année en cours, ni à l'année qui se termine (début officiel de l'année celtique). Située ainsi en dehors du temps, elle est le moment des relations entre les hommes et les dieux de l'autre monde. Dans la mythologie irlandaise, Samain est le jour où les Némédiens doivent payer les deux tiers de leur blé, vin et enfants aux Fomore. C'est aussi la date de la Seconde Bataille de Mag Tuiredh. Aujourd'hui, Samain continue d'être célébrée dans le monde chrétien sous le nom d'Halloween ou de la Toussaint. C'est aussi le moment où l'on honore les morts. En Grande Bretagne, les feux de joie et les feux d'artifices de la nuit de Guy Fawkes sont liés plus étroitement à Samain qu'au personnage de Guy Fawkes lui-même.

  • Beltaine (ou Beltene), aux environs du 1er mai, est la fête sacerdotale par excellence. Elle est dédiée à Bel (en Irlande), aspect lumineux de Lug. Les druides allument deux grands buchers, comme nous le faisons encore pour la Saint Jean (sauf que nous n'en n'allumons qu'un seul). Les gens passent alors entre ces grands feux (et non pas "au-dessus" comme le pensent certains, la hauteur des flammes rendant impossible tout sauts) et font aussi traverser leurs troupeaux. C'est une sorte de purification magique visant à protéger ces troupeaux des maladies. Beltaine est aussi une fête qui annonce le commencement de l'été, de la saison claire et donc de la saison de guerre jusqu'à Samain, entrée dans la saison sombre où les armes sont rangées. Dans la mythologie irlandaise, c'est lors de Beltaine que débarquent en Irlande Partholon, Tuatha Dé Danann et enfin Milésiens.

  • Lugnasad, vers le 1er août, est la fête de Lug sous sont aspect royal, en tant que garant de l'abondance, de la fertilité des troupeaux et de la prosperité du royaume. Fête des fruits et des récoltes, elle marque le commencement de l'automne. C'est l'occasion de réunions de toutes sortes ; juridiques, administratives, ainsi que de jeux, de courses de chevaux, et de compétitions sportives. Dans la mythologie irlandaise, c'est lors de Lugnasad que les Fir Bolg envahissent l'Irlande. En Grande Bretagne, cette fête devient la fête de Lammas Day, fétée le 1er août. En France, elle devient la Saint Pierre.

  • L'Imbolc se déroule vers le 1er février. C'est une fête secondaire vraisemblablement réduite à l'accomplissement rituel d'une brève cérémonie obligatoire. Plus tard, cette fête devient la Sainte Brigitte, christianisation de Brigitt (ou Bridig) puis enfin la Chandeleur.

En Irlande, les fêtes se déroulent dans la province centrale (Mide). Cette province centrale est composée d'une partie de chacune des quatre autres provinces. Beltaine se déroule dans la partie de Mide appartenant à la province du Conémara, Lugnasad se déroule dans la partie appartenant à l'Uster et Samain se déroule dans la partie de Mide appartenant au Munster, une fois tous les 3 ans dans la partie de Mide appartenant au Leinster. Ces cérémonies n'ont pas lieu en un seul endroit mais en plusieurs, les banquets, les assemblées, les jeux et les rituels étant eux aussi dispersés, tout en restant dans un lieu géographique assez proche. Cette organisation doit probablement être la même en Gaule.

Spiritualité celtique et divinités

Les Celtes sont des guerriers, mais la religion est une chose prépondérante. Ils sont cependant dépassés par la réalité concrète des choses et luttent contre cette dernière avec leur imagination. Ils forment alors une religion imprégnée de spiritualisme. Les Celtes croient en une autre vie dans un autre monde. Ils ne statufient pas leurs dieux et ne possèdent pas d'icones religieuses à vénérer.

(en construction : objets jetés dans l'eau (armes, armures de grandes valeurs) => offrandes aux puissances surnaurelles. Plus les symboles sont beaux et nombreux, plus le sens religieux est present...)

Les cérémonies ont généralement lieu au contact de la nature directement, mais peuvent aussi se dérouler dans des nemetons (lieux de culte/scanctuaires en forêt). Ces nemetons sont de forme rectangulaire et n'ont pas de direction précise comme les églises actuellement. Les temples, plus tardifs, sont des copies des lieux de culte grec. Ils sont de forme ronde. L'image du XIXème siècle qui dit que les cérémonies se passent dans un ensemble de pierres levées formant un cercle est fausse !. Lors des cérémonies, les druides utilisent le gui, cueilli sur les chênes le sixième jour de la lune après le nouvel an celte. Il est considéré comme sacré (voir annexe, rubrique symbolisme/végétaux de ce site).

Tête en pierre de Msecké - IIIème ou IIème siècle av JC

La religion celtique est assez complexe à comprendre. Les renseignements sur le sujet sont donnés par César dans La guerre des Gaules (Bello Gallico), mais aussi par les annales, traités et glossaires d'Irlande. Les Celtes ne sont pas monothéistes puisqu'ils possèdent plusieurs dieux. En revanche, ils ne sont pas non plus réellement polythéistes : ils sont monistes, c'est à dire que pour eux, le monde n'est constitué que d'un élément et que la pensée est donc elle aussi "un".

Chaque peuple a ses dieux particuliers, le même dieu pouvant possèder plusieurs dizaines de surnoms d'une région à l'autre. A noter également que Cùchulainn n'est pas un dieu mais un héros guerrier irlandais. Il est le fils de Lug et a été conçu dans l'Autre Monde. Sa naissance s'est faite en trois fois. Il a eu une vie bien remplie et une mort jeune, héroïque et violente. Cùchulainn est le seul héros de cette envergure et c'est ce qui a fait de lui un personnage important de l'Ulster (Irlande du Nord actuelle).

On peut distinguer quatre dieux principaux accompagnés d'une déesse. Christian-J Guyonvarc'h a démontré que l'on peut dégager les dieux suivants de la théologie celtique irlandaise :

Mythologie celtique
Mythologie romaine
Lug
Mercure
Dagda
Jupiter
Ogme et Nuada
Mars
Diancecht et Mac Oc
Apollon
Brigit
Minerve

 

Les autres noms de divinités ne sont, bien souvent, que des synonymes des dieux cités ci-dessus. Nous abordons plus en profondeur les Dieux dans l'annexe de ce site, rubrique divinités.

Le druide

Il assure la direction spirituelle des Celtes. Le druide est en quelque sorte un prêtre possèdant, entre autres choses, des dons de divination. Le mot "druide" est une appellation générique qui désigne ceux rentrés dans le sacerdoce. Ainsi, les Uatis, les bardes...sont des druides ! Druide n'est pas un titre, mais un nominatif. Les druides sont chargés de raconter les exploits et de les transmettre par voie orale aux futurs druides et aux guerriers, puisque qu'ils ne peuvent écrire par suite d'une interdiction religieuse. Ils sont aussi chargés de l'éducation des jeunes de manière à maintenir la tradition. On peut supposer que le druide est en même temps sage et savant. Son apprentissage dure entre 20 ans en Gaule et 12 ans en Irlande. Il est le seul à entrer en contact direct avec les dieux. Ces fonctions lui permettent de présider les cérémonies religieuses, de parler au nom des divinités puisqu'il est lui-même considérer comme un dieu. En plus de sa tâche religieuse, le druide donne des conseils sur certains litiges de la société. Le druide est celui qui avait tous les pouvoirs : il a le droit de vie et de mort sur tous (le roi inclus) mais il respecte quand même le droit oral et le prononce. C'est lui qui décide du moment opportun pour mener les batailles. D'ailleurs, il y participe parfois et peut même l'arrêter. De plus, c'est lui qui ordonne les sacrifices humains et animaux, les pratiquant toujours lui-même. Ainsi, il est le personnage le plus important : le roi celte ne peut parler avant lui et les guerriers ne peuvent parler avant le Roi. Le druide et le roi forment un équilibre. Il est pour les Celtes inconcevable qu'il ne puisse y avoir au sein d'une communauté un Roi sans Druide et un Druide sans Roi. Lors de la conquête militaire des romains, le druidisme constitue, durant une courte période, une opposition certaine face à l'expansion de la culture latine. Après la christianisation de l'Europe, ce sont les moines, principalement les moines irlandais, qui retranscrivent par écrit les épopées de tradition orale.

Pour plus d'informations, se reporter à la rubrique "Druidisme" de ce site.

Les sacrifices (en construction)

Nous l'avons vu, le sacrifice est le privilède des druides. Il ne faut pas y voir là un acte barbare. Les victimes sont parfois volontaires, et pensent parfois que c'est un honneur de mourir en entrainant avec elles les impuretés de la société pour que celle-ci persiste. Il existe chez les Celtes trois types de sacrifice :

  • l'oblation végétale (libation) : au bénéfice de la classe productrice (lait, eau, boissons fermentées...)
  • le non-sanglant : au bénéfice de la classe sacerdotale (pendaisons, immersions, inhumations...)
  • le sanglant : au bénéfice de la classe guerrière (immolations, cremations...)

A noter que l'on retrouve encore aujourd'hui dans certains sanctuaires des ossements d'hommes et d'animaux (chevaux, ovins, bovins, chiens...) ainsi que des armes volontairement détruites pour servir d'offrandes.

Les dépôts

Les dépôts celtiques d'objets ont le plus souvent un caractère votif. Il s'agit d'offrandes rassemblées et déposée dans un lieu sacré - une source, un lac, un cours d'eau, un marécage, un montagne - ou dans un sanctuaire aménagé. Leur composition présente une grande variété, mais les catégories les plus répandues sont les dépôts de parures, notamment des torques associés à des monnaies, les dépôts d'armes (souvent mutilées au préalable) et les dépôts d'outils.

Le culte de la mort (en construction)

  • Le rituel des funérailles

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Intérieur de la tombe d'un prince

En Irlande, d'après certains textes, le rituel des funérailles est structuré de cette manière : le chant funèbre (composé et chanté par un file), parfois des jeux funèbres, vient ensuite l'incinération (Hallstatt) ou l'inhumation (Tène), puis l'érection d'une stèle sur la tombe et enfin la gravure du nom du défunt en ogam (voir symbolisme) sur la stèle.

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Offrandes dans une tombe à char

La disposition des sépultures celtiques est importante. De même, elles possèdent un mobilier funéraire. Le corps est orienté dans une certaine position. L'arment est enterré avec le défunt, ainsi que de nombreuses poteries, bijoux, offrandes animales ou végétales. Pour les plus riches, on trouve du mobilier lourd (char de combat ou d'apparat).

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On porte le défunt jusqu'à sa tombe

La fosse creusée est parfois renforcées aux parois d'un coffrage de planches. Les Celtes croyent en la réincarnation de leurs défunts. César, dans De Bello Gallico (VI,14) résume ainsi le sentiment des Celtes vis-à-vis de la mort "Les âmes ne périssent pas, mais passent après la mort d'un corps à un autre". Le zoomorphisme, c'est à dire le fait que des êtres prennent une forme animale après leur mort n'existe pas pour les hommes. Seuls les dieux et déesses peuvent prendre l'apparence d'un animal (Morrigan en corbeau, les fées en cygne...). A noter que l'idée de transmigration des âmes qui aboutissent au paradis suprême, le Gwenda (ou Sidh), fait partie des idées néo-druidiques du XIXème siècle.

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Tombe à char de la Tène ancienne - 450 av JC


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