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Vous êtes dans : Etude de la civilisation celtique antique > / 2 - La société celtique
E - L'art celtique (3/3)
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G - Les peuples d'hier et d'aujourd'hui (1/3)
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F - Les langues celtiques

Le celtique de l'antiquité

Il s'agit en réalité d'une langue ou d'un groupe de langues parlées dans les diverses régions d'Europe peuplées de Celtes. Ce celtique de l'antiquité est vraiment mal connu. En effet, il n'en existe quasiment aucune trace écrite, mis à part le texte le plus long du calendrier de Coligny, constitué de deux mille lignes avec un vocabulaire d'environ deux cents mots. Des études ont montré qu'il a a probablement existé un vieux celtique, peut-être déjà parlé dès le second millénaire avant JC et d'origine indo-européenne.

Avant la romanisation

Les premiers Celtes qui utilisent pour leur langue une écriture, adaptée de l'alphabet étrusque, sont ceux qui sont établis dans la Lombardie actuelle. Les documents les plus anciens connus à ce jour datent du VIe siècle avant JC. L'élite gauloise (la classe sacerdotale) est depuis longtemps en contact avec le monde méditerranéen. Elle connait donc le grec, et commence même à écrire sa propre langue en caractères grecs. Ceci est surtout attesté dans le Midi de la France, mais aussi jusqu'en Europe centrale. De même, il est probable que de nombreux Gaulois connaissent le latin, notamment pour faciliter les échanges commerciaux. Les Celtibères empruntent leur alphabet au monde ibérique. Les Celtes d'Irlande inventent une notation originale de l'alphabet latin, par groupes d'encoches perpendiculaires et obliques disposés de part et d'autres d'un axe, connue sous le nom d'écriture ogamique, sorte d'alphabet magique, "les Ogams".

Après la romanisation

  • Le celtique continental

Les Gallo-romains adoptent le latin. En effet, c'est la langue qui procure le plus d'honneurs et de places dans la société, mais c'est aussi la langue administrative et commerciale. Cependant, la Gaule romaine reste certainement durant une longue période un pays bilingue, où coexistent une langue officielle écrite, le latin, et une langue parlée de tout le monde, le gaulois. Par conséquent, les progrés du latin sont assez lents : la plupart des Gaulois des IVe, Ve voire jusqu'à la première moitié du VIe siècle connaissent encore leur langue ! La latinisation s'achève avec l'installation du christianisme dont le latin est la langue liturgique. Ainsi, le celtique continental a completement disparu peu avant le début du Moyen-Age.

  • Le celtique insulaire

En 410 ap JC, les légions romaines quittent l'île. En Grande Bretagne, le brittonique survit, marqué de latin mais avec une structure phonétique et une grammaire intacte. En Irlande, la mince romanisation provient d'un vocabulaire liturgique importé de Grande Bretagne. En conséquence, le latin n'y est pas parlé, il reste écrit et on y trouve des traces d'idiomatismes, de tournures et de métaphores gaéliques. Le celtique insulaire est attesté depuis la fin de l'antiquité sous la forme de langue néo-celtiques. Détaillons les deux divisions de ce celtique :

  1. le goidélique
  2. Il porte le nom ancien (goidil) des populations qui l'ont parlé. Il contient lui même trois subdivisions internes

    • l'irlandais

    • C'est la langue celtique la plus importante. Elle contient trois dialectes : Munster, Connaught et Donegal. Son évolution a connu trois stades :

      le vieil-irlandais, du VIIIe au XI siècle

      C'est le stage le mieux décrit car il comporte peu de documents et l'évolution est peu sensible. Les documents les plus anciens sont de courtes inscriptions ogamiques des Ve et VIe siècles ap JC. Par la suite, les moines missionnaires disperseront des écrits en dehors de l'Irlande (Suisse, Bavière, Italie...), notamment des textes religieux et des légendes.

      le moyen-irlandais, du XIe au début du XVe siècle

      Ce stade est plus long que celui du vieil-irlandais, mais aussi plus flou. La confusion d'une langue en voie de détérioration en rend l'étude très difficile. Cependant, c'est la période littéraire la plus riche, avec environ un millier de manuscrits, dont les plus connus sont le Livre de Leinster (Lebor Lagin en irlandais) et le Livre de la vache brune (Lebor na hUidre en irlandais), datant tous deux du XIIe siècle.

      l'irlandais moderne, du XVIe siècle à nos jours

      Depuis le XVIIIe siècle, l'irlandais moderne est en constante regression devant l'anglais. Il n'est plus parlé aujourd'hui sauf dans les régions occidentales et septentrionales de l'île. Depuis 1921, l'irlandais est la langue officielle de l'Etat libre dans un premier temps, puis de la République d'Irlande.

    • le gaélique d'Ecosse ou erse

    • Le gaélique d'Ecosse est une variété dialectale du gaélique irlandais. Il est apporté à partir du VIe siècle par des emmigrants venus d'Irlande en conquérants. Ainsi, pendant tout le Moyen-Age, l'Ecosse a la même littérature que l'île voisine. Il est encore parlé par quelques milliers de personnes dans les Hautes-Terres (Highlands) et les îles adjacentes.

    • le manx ou dialecte de l'île de Man

    • Comme l'erse, le manx est un dialecte différencié du gaélique d'irlande, mais il est influencé par l'anglais. La grammaire est simplifiée et on trouve seulement des traces de déclinaisons. La seule littérature connue est d'ordre religieuse. Il est encore parlé par quelques centaines de personnes au début du XXe siècle, mais le dernier locateur natif , Ned Maddrel, meurt en 1974.

  3. le brittonique
  4. Il porte le nom de l'ancienne île de Bretagne (la Grande Bretagne moderne). On en trouve des traces dès l'antiquité et au très haut Moyen-Age sous la forme de noms propres et de légendes monétaires. On ne trouve pas de textes ni d'inscriptions avant les Ve et VIe siècles. Il s'est fragmenté en plusieurs dialectes :

    • le gaulois ou celtique de l'antiquité (=> voir les origines plus haut. S'éteint vers la fin du Ve siècle)
    • le gallois

    • c'est la langue celtique la plus vivace qui comporte la littérature la plus riche et haute des langues brittoniques. Au XIXe siècle, elle est souvent appelée cymrique. Elle contient deux dialectes : Nord et Sud. Le gallois, comme l'irlandais, a aussi subi plusieurs stades d'évolution :

      le vieux-gallois, du IXe au XIe siècle

      Au début du VIIIe siècle, il n'est attesté que par des noms propres. A partir du IXe siècle, on trouve de courts fragments de proses et de vers

      le moyen-gallois, du XIIe à la fin du XVIe siècle

      C'est durant cette période que l'on trouve les textes les plus intéressants, comme par exemple les "quatres branches du Mabinogi" (cf rubrique légende)

      le gallois moderne, du XVIIe siècle à nos jours

      La littérature est en abondance, favorisée par la conversion du pays de Galles au protestantisme. La Bible est traduite en gallois, et l'enseignement religieux se fait aussi en gallois. Le gallois moderne n'est pas tombé dans la langue populaire comme en Bretagne.

       

    • le cornique

    • C'est la langue de la péninsule de Cornouailles. La littérature est uniquement religieuse, les textes sont peu nombreux, étagés du XVIe au XVIIe siècle. Il disparait vers la fin du XVIIIe siècle, mais on en trouve encore quelques traces au XIXe siècle. Voici les étapes de son évolution :

      le vieux-cornique, du IXe au XIe siècle
      le moyen-cornique, aux XIVe et XVe siècles
      le cornique, aux XVI et XVIIe siècles
      le néo-cornique, langue remise en usage au XXe siècle

    • le breton

    • Il est introduit par des immigrants, principalement venus du Devon à partir des IVe et Ve siècles. On le trouve dans la moitié occidentale de la Bretagne. Ses origines restent floues. Les Bretons pourraient être arrivés dans un pays vide de langues exclusivement romanes avec quelques traces de gaulois que le breton aurait absorbé. Le breton contient quatre dialectes : Léon, Tréguier, Cornouaille et Vannes. Voici les étapes de son évolution :

      le vieux-breton, du IXe au XIe siècle
      le moyen-breton, du XIIe et XVIIe siècles
      le breton prémoderne, de la fin du XVIIe siècle à la fin du XIXe siècle
      le breton moderne, depuis la fin du XIXe siècle


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